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Perpignan tourne la page après 55 ans d'Alduysme

Retour sur 55 ans de mandats de la famille Alduy père et fils, Paul et Jean-Paul, à la tête de la mairie de Perpignan et de l'agglomération Perpignan-Méditerranée, de 1959 à 2014. Un bilan riche mais contrasté.

1962 : des milliers de familles de rapatriés d'Algérie viennent s'installer dans la ville nouvelle du Moulin à Vent. C'est la première réalisation du nouveau maire de Perpignan, Paul Alduy, élu trois ans plus tôt, en 1959.
Son fils, Jean-Paul à 20 ans et entre à Polytechnique, lui aussi mènera pendant 30 ans, une carrière de bâtisseur et d'urbaniste.

1992 : à 50 ans, Jean-Paul Alduy est élu conseiller général du canton du Vernet. A l'instar de son père qui affichait des convictions de gauche dans sa jeunesse, il choisit de se placer hors des partis mais glisse progressivement à droite.

1993 : face au mécontentement de son premier adjoint RPR, Claude Baratte, Paul Alduy choisit de saborder son conseil municipal et à la surprise générale, c'est son fils, Jean-Paul qui est élu maire de Perpignan face à Jean-Claude Martinez, une grosse pointure du Front National et au tandem, Christian Bourquin Jacqueline Amiel-Donat, alliant PS et écologistes.

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Perpignan tourne la page après 55 ans d'Alduysme

C'est clair : Jean-Paul Alduy avec les rapatriés d'Algérie et la communauté Gitane de Perpignan, s'est constitué des relais dans les quartiers. Son fils,Jean-Paul s'est appuyé sur ces mêmes réseaux, articulés autour des commissaires de quartier, pour consolider sa base électorale. Cependant cette gestion communautariste à ses limites comme en témoignent les émeutes de mai-juin 2005.

Réélu en 1995 puis en 2001, il adopte une autre tactique en endossant l'identité catalane : plaques de rue bilingues et main tendue vers Barcelone. Jean-Paul Alduy prend ensuite de plein fouet l'affaire dite de la "chaussette" lors des municipales de mars 2008. Un président de bureau de vote a dissimulé des enveloppes avec des bulletins Alduy dans ses poches et ses chaussettes.
L'opposition crie à la fraude et réclame l'annulation du scrutin, le conseil d'état lui donne raison un an plus tard mais le 28 juin 2009 Jean-Paul Alduy est réélu encore plus largement.

L'ambition de l'homme s'élargit au delà des murs de Perpignan, le 15 octobre 2009, il cède son fauteuil de maire à Jean-Marc Pujol son premier adjoint et prend la présidence de l'agglomération perpignanaise qu'il porte à 36 communes et à plus de 200.000 habitants.

De son passé d'urbaniste, il reste des réalisations : la piétonisation du quai Vauban, le théâtre de l'Archipel et surtout la gare TGV avec son nouveau quartier baptisé le "Centre du Monde" mais qui tourne au ralenti.
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