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Pyrénées-Orientales : 80 ans après la Retirada, des rescapés du camp de Rivesaltes témoignent

Léanne et ses camarade rencontrent Maria Baqué, rescapée du camp de concentration de RIvesaltes / © France 3 Occitanie
Léanne et ses camarade rencontrent Maria Baqué, rescapée du camp de concentration de RIvesaltes / © France 3 Occitanie

Dans le cadre des 80 ans de la Retirada, une rencontre entre des témoins et des jeunes de 4 lycées agricoles de la région a été organisée au mémorial du camp de Rivesaltes. Ce camp de concentration a regroupé dans les années 1940 des Juifs et des espagnols rescapés. Une rencontre forte en émotion.

Par ED et Céline Llambrich

Au cœur du camp de Rivesaltes, des lycéens ont pris part à un rendez-vous exceptionnel. Ils vont rencontrer des témoins de la Retirada, à l'occasion des 80 ans de l'évènement. Parmi eux, Maria Baqué, internée au camp de Rivesaltes en 1939 avec sa mère, lorsqu'elle avait 7 ans. Une histoire qu'elle taira pendant 70 ans. 

Quand mes enfants étaient petits, j’ai eu la sensation que si je n’en parlais pas, ce n’avait pas existé, ce que j’avais vécu…

Robert Domenech, lui, est venu raconter l'histoire de son père, aujourd'hui disparu, mais qui, comme Maria Baqué, a connu les camps de concentration. 

C’est un oncle qui a soudoyé un chef du camp, en lui donnant de l'argent, et qui a sorti mon père de là...

Ces lycéens, plutôt habitués à découvrir l'histoire dans les livres, reçoivent ces témoignages avec intérêt et posent des questions. À la question de savoir si la réalité du camp était plus difficile pour les parents ou pour les enfants, Maria Baqué répond :

La plupart des enfants cherchaient à manger. Dans la journée, on nous distribuait une tartine de pain par personne, et une à deux cuillerée de sucre par personne, et c’était notre ration journalière.

Reportage de Céline Llambrich et Frédéric Savineau :
Retirada : témoignages de rescapés du camp de Rivesaltes

Malgré la dure réalité des camps, Maria Baqué souhaite livrer un message positif.

Je me dis toujours que, si j’avais une rancune, ça me pourrirait la vie à moi, alors que les personnes qui ont fait ça sont mortes depuis longtemps.

Léanne, élève de 1er au lycée de Théza, raconte une rencontre impressionnante.

On pensait vraiment qu’ils auraient de la haine envers ces personnes, et nous, si l’on avait vécu ça, on serait en colère, parce que ce n’est quand même pas quelque chose de facile. Mais au contraire, voir qu'eux, ils ne le vivent pas bien, mais ils s’en sont sortis, et voient le monde d’un œil positif, c’est vraiment marquant.

Léanne et ses camarades en feront un exposé, qu'elles présenteront dans leur lycée. À leur tour, elles s'inscriront dans ce travail de mémoire et de transmission.

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