TEMOIGNAGE. Drame de Millas : "mon fils est mort et moi j'ai pris perpétuité", l'expérience terrible d'un père à jamais en deuil

Publié le
Écrit par Fabrice Dubault avec Aude Chéron et Marc Tamon

4 ans et 3 mois après l'accident de car de Millas, un père veut témoigner de cette longue période d'attente, de deuil, de colère, d'enquête, de vie qui reprend tout de même et d'absence. Fabien, président de l'association "À la mémoire de nos anges" rassemble tout ce "douloureux vécu" pour le publier un jour.

Le 14 décembre 2017, à une quinzaine de kilomètres de Perpignan, 6 collégiens perdaient la vie dans l'accident de leur car scolaire percuté par un TER sur un passage à niveau à Millas.
Ce drame a bouleversé la commune catalane et les familles des jeunes victimes.

Le procès de la conductrice du car scolaire doit s'ouvrir dans quelques mois. Un procès que les familles attendent et redoutent à la fois.

Fabien Bourgeonnier a perdu son fils Loïc dans ce tragique accident. Il travaille à la rédaction d'un texte qu'il souhaite publier. Un récit fort qu'il espère utile à tous ceux qui pourraient être confrontés à un tel drame.

Ce père meurtri nous a livré son témoignage.

Le soutien des familles

"On ne peut pas dire que tout n'a pas fonctionné. La prise en charge des victimes, de nos enfants, cela a été fait d'un professionnalisme sans borne. Mais nous en tant que parents, on a été mis un peu de côté. Et cela amène un autre drame dans le drame".

L'insoutenable attente

"On m'a annoncé à 2 heures du matin que mon fils était mort à 18h. Cela fait beaucoup d'heures à attendre... d'incertitude, à ne rien pouvoir dire à la famille, ne pas pouvoir dire à ma femme que son bébé n'était plus là".

Un défaut de communication

"Il y a eu rapidement, dès 18h, une cellule psychologique en place. Ils se sont mis dans un coin de la pièce sans jamais venir nous voir. En fait, ils attendaient que nous parents, allions à leur rencontre. Mais comme on ne savait pas qu'ils étaient là, nous n'y sommes pas allés".

Le deuil face à la réalité

"Une famille ou un parent doit parler. C'est une nécessité de dire les choses qui arrivent. Par exemple, les assureurs, c'est très bien de les envoyer mais le lendemain de l'enterrement de son enfant, on n'a pas envie de les voir. Il faut dire aux familles de prendre un avocat. Lui, il vous aidera, il ira aux rendez-vous pour vous".

L'attente d'un procès redouté qui ne changera rien

"Le procès, c'est très compliqué. Qu'est-ce que cela va nous apporter ? Moi, j'ai pris perpétuité ! Ca va rien changer. La conductrice va pas prendre de la prison et même si elle y allait 20 ans... Mon fils, il n'a rien fait de sa vie et lui il a eu la sentence la plus dure au monde, il est mort... J'attends donc pas grand chose du procès".

Ils s'appelaient, Ophélia, Diogo, Allan, Teddy, Loïc et Yonas.

Voir le témoignage de Fabien Bourgeonnier, président de l'association "À la mémoire de nos anges".

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