Trois photos géantes de Yann Arthus-Bertrand volées lors d'une exposition, des milliers d'euros de préjudice, les organisateurs sous le choc

Ces images que vous ne pourrez pas voir. Trois photos de Yann Arthus-Bertrand ont été dérobées à Céret dans les Pyrénées-Orientales. Une exposition avec les images du photographe est actuellement en cours. L'association "Lumière d'encre" à l'initiative de l'exposition est sous le choc.

La grande exposition de Yann Arthus-Bertrand qui a lieu actuellement à Céret depuis le 1er juillet et jusqu'au 31 août propose des images en très grand format de ce travail mythique. Elle est présentée en intérieur à La Capelleta et en extérieur à la Place des Marroniers. Le vernissage a eu lieu samedi soir en présence du photographe devant 200 personnes environ.

Trois photos en grand format volées

Malheureusement, Claude Belime, directeur du Centre d'Art et de Photographie "Lumière d'Encre" (NDLR : l'association de Céret à l'initiative du projet), a découvert cet après-midi l'absence de trois photos.

Il était environ 14H, j'étais en train de faire une visite de l'exposition avec des ados du centre de loisirs du Vallespir quand je me suis aperçu qu'il manquait des photos. A la place, sur les panneaux, c'était vide. J'étais sous le choc, complètement interloqué. Je me suis dit : mais c'est quoi ça ?

Claude Belime, directeur du Centre d'Art et de Photographie "Lumière d'Encre"

Les photos ont été dérobées durant le week-end. Des photos installées à l'extérieur, sur une place fréquentée du centre-ville de Céret. Trois grands formats. Des tirages montés sur Albucon, d'un format de 185 cm x 125 cm. Pour le Directeur de l'association cérétane, "démonter ce genre de lourd et grand panneau demande une certaine préparation et la présence de plusieurs personnes. Déplacer ces images volées ne se fait pas à la sauvette au vu de leur format."

C'est énorme que personne n'ait rien vu. Chaque photo pèse plus de 15 kg et mesure plus de 2 m². Il nous a fallu trois personnes pour les installer. En plus elles sont à 2m50 du sol. Ce n'est pas du vandalisme. Tout a été démonté très proprement. Mais ça a dû prendre du temps car il y a une vingtaine de vis spécifiques à défaire. Il faut le matériel. Je suis dépité. Les photos sont en place depuis le 1er juillet et tout se passait bien!

Claude Belime, directeur du Centre d'Art et de Photographie Lumière d'Encre

C'est Céret, pas le Bronx !

Claude Bélime, directeur "Lumière d'encre", n'en revient toujours pas. Son association existe depuis plus de quinze ans. Autant dire que des expos il en a vu, monté et démonté plus d'une. Si ce dernier a déjà par le passé était confronté à quelques actes de vandalisme, c'est la première fois qu'il se retrouve devant un tel "n'importe quoi".

Ceux qui ont fait ça privent tout le monde de voir ces photos. Quant à nous, ils nous mettent vraiment dans de sales draps. Notre assurance, comme les autres d'ailleurs, ne couvre pas les photos en extérieur. Il y en a pour plusieurs milliers d'euros. Je ne sais pas comment on va rembourser ça avec notre petite association. C'est dingue, on est à Céret ici, ce n’est pas le Bronx !

Claude Belime, directeur du Centre d'Art et de Photographie Lumière d'Encre

Une plainte a été déposée

L'association "Lumière d'Encre" est donc victime d'un vol qui risque de la mettre en difficulté. Cette exposition libre d'accès pour tous était en place depuis trois semaines et rencontre un vif succès, de même que le studio qui a eu lieu avant le week-end et qui a permis à Yann Arthus-Bertrand de photographier avec bienveillance 558 habitants de Céret et du Vallespir dans le cadre de sa série "Les Français". Une plainte a été déposée en mairie et auprès de la Gendarmerie par "Lumière d'Encre" et sera suivie d'un autre dépôt de plainte par la mairie. Claude Bélime espère maintenant que l'exploitation de la vidéosurveillance permettra de retrouver ces images à moins que les personnes responsables ne les rapportent.

J'espère qu'il y aura un peu de civisme de la part des personnes qui ont fait ça. En tout cas je lance un appel et leur demande simplement de rapporter les photos.

Claude Belime, directeur du Centre d'Art et de Photographie Lumière d'Encre