Un an après, le corps de la jeune Fiona reste introuvable

Marche pour la mémoire de Fiona - octobre 2013. / © maxppp
Marche pour la mémoire de Fiona - octobre 2013. / © maxppp

Le 12 mai 2013, Fiona, 5 ans, est déclarée disparue dans un parc de Clermont-Ferrand. La France entière croit à un enlèvement mais 4 mois plus tard les masques tombent. La mère et son compagnon avouent le décès de la fillette, qui aurait été battue, sans pouvoir dire où ils l'ont enterrée.

Par Fabrice Dubault


Le couple Bourgeon-Makhlouf installé à Perpignan

Cécile Bourgeon, mère de Fiona, âgée aujourd'hui de 26 ans, et son concubin Berkane Makhlouf, 33 ans, sont poursuivis pour "coups mortels aggravés" et écroués dans cette affaire criminelle, l'une des plus marquantes de ces dernières années, dont l'instruction se poursuit. Le corps de l'enfant reste à ce jour introuvable.

De nouvelles recherches auront lieu le 13 mai en Auvergne

De nouvelles fouilles, en présence du couple, doivent être organisées le 13 mai dans le secteur boisé d'Aydat, à une vingtaine de km au sud de Clermont-Ferrand, où les mis en cause affirment avoir enterré la fillette en lisière d'une forêt.
Cette date a été retenue car "la nature aura la même configuration" que l'an dernier, explique à l'AFP le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Pierre Sennès, confronté aux problèmes de mémoire du couple, drogué et alcoolisé alors qu'il transportait en voiture le cadavre de Fiona avant de l'enfouir.

"Peut-être que le corps retrouvé pourra parler, donner des indications aux enquêteurs et aux juges sur la responsabilité des uns et des autres", indique Me Gilles-Jean Portejoie, l'avocat de la mère selon laquelle "la priorité des priorités est de retrouver Fiona pour lui donner une sépulture décente".


Des propos qui tranchent avec les aveux de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf qui avaient fini par reconnaître, après quatre mois de mensonges, que la fillette était morte et avait été enterrée nue en présence de sa petite soeur Eva.
Le choc de la révélation est à la mesure de l'émoi provoqué par la disparition de Fiona: immense.

Une disparition très médiatisée qui choque la France en mai 2013

Le 12 mai 2013, c'est une jeune mère éplorée de 25 ans, enceinte de six mois, qui émeut la France entière en racontant que sa fille aînée a disparu dans un parc très fréquenté de Clermont-Ferrand alors qu'elle s'était assoupie sur un banc.
"On était installé un peu plus loin que les aires de jeux, je me suis endormie 15 à 20 minutes. Avec ma grossesse, je suis très fatiguée", avait expliqué à l'époque Cécile Bourgeon à l'AFP, affirmant que Fiona avait disparu à son réveil alors que l'enfant jouait avec sa petite soeur.
"Je pense à tout et n'importe quoi, ça fait deux jours, c'est très dur psychologiquement", avait-elle encore dit tandis qu'une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration" était ouverte par le parquet de la ville, et que le parc de 26 ha était fermé, fouillé de fond en comble.
"Elle est comme ma fille", avait réagi Berkane Makhlouf, le père du troisième enfant de Cécile Bourgeon.

Dans un premier temps, l'enquête se concentre sur l'entourage de la mère, notamment un Algérien contre lequel elle avait portée plainte un an plus tôt pour "viol et séquestration". En outre, Fiona est signalée aux quatre coins du pays par des centaines d'appels reçus sur un Numéro Vert national.

La garde à vue du couple à Perpignan

Le 24 septembre 2013, l'enquête rebondit avec la garde à vue du couple à Perpignan, où il vient de s'installer, et celles de trois de ses connaissances à Clermont-Ferrand.
Elle établit qu'ils avaient ensemble fait la fête et étaient très alcoolisées la veille ou l'avant-veille de la disparition présumée et surtout que Cécile Bourgeon n'était pas dans le parc le 12 mai.
"Je me suis alors posé la question de savoir si je pouvais défendre une femme qui m'avait menti", se souvient Me Portejoie, interrogé par l'AFP.
"Je n'ai pas hésité une seconde. L'avocat est là quand il n'y a plus personne".

Les aveux du couple

Le couple craque alors sous les questions pressantes des policiers, et avoue le décès de la fillette. Cécile Bourgeon accuse son compagnon d'avoir frappé l'enfant tandis que Berkane Makhlouf évoque la thèse d'un accident domestique durant lequel l'enfant se serait étouffé en vomissant.
Le 26 septembre, Berkane Makhlouf est mis en examen à Clermont-Ferrand pour "coups mortels aggravés" et sa compagne pour "recel de cadavre" et "non assistance à personne en danger".

Fin octobre, la défense du jeune homme change: Berkane accuse à son tour Cécile Bourgeon d'avoir frappé Fiona dans les jours ayant précédé son décès. "Il n'a pas changé de version, il n'en changera pas", souligne son avocat Me Mohamed Khanifar.
La mère se retrouve finalement poursuivie elle aussi pour "coups mortels aggravés".

Depuis les aveux, trois fouilles autour du lac d'Aydat - en présence des suspects - ont été effectuées, de même que des repérages aériens, en vain.
Les juges ont désigné il y a quelques mois des experts psychiatres pour cerner la personnalité de la mère et de son compagnon.
Les deux enfants de Cécile Bourgeon, dont le fils qu'elle a eu avec son compagnon, ont été placés. Nicolas Chafoulais, le père de Fiona et d'Eva, est partie civile.

Une marche hommage le 11 mai prochain à Clermont-Ferrand

Après avoir réuni plus de 2.000 personnes en octobre dernier, une nouvelle marche blanche en mémoire de Fiona est prévue à Clermont-Ferrand le 11 mai. Un an après.

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