Visa pour l'image : les visages humains du coronavirus à New-York, la 1ère guerre mondiale du photographe Peter Turnley

Ouvert depuis ce week-end à Perpignan, le Festival international de photojournalisme Visa pour l'Image ne pouvait passer à côté de la pandémie de Covid-19. Le photographe franco-américain Peter Turnley y expose ainsi ses portraits de la crise saisis à New-York.
Erika, infirmière new-yorkaise, parmi les visages et portraits saisis par le photographe franco-américain Peter Turnley lors de son confinement forcé à "Big Apple " pour cause de Covid-19 exposés au festival Visa pour l'image 2020.
Erika, infirmière new-yorkaise, parmi les visages et portraits saisis par le photographe franco-américain Peter Turnley lors de son confinement forcé à "Big Apple " pour cause de Covid-19 exposés au festival Visa pour l'image 2020. © Peter Turnley/ FTV FR3 Occitanie
La force de l'image pour traduire la puissance du visage ..tel un coup de poing. Ce portrait, signé Peter Turnley, est celui d'Erika, infirmière  arrivée en renfort à New-york.
Qu'exprime son visage : un appel à l'aide, de l'espoir, de la colère ? Peu importe au fond, il s'agit d'un ressenti inédit pour le photographe:

Dans ce moment d'émotion que je voyais à travers ses yeux, j'ai vu en fait l'émotion de la planète pendant ce moment de Covid-19 qui est une histoire qui touche chaque être de la terre en ce moment. Les mots ne suffisent pas et c'est ça la puissance de l'image. On laisse ce qu'on voit pour raconter ce qu'on ressent. 

Peter Turnley, photographe

Son travail retrace les 3 mois de confinement dans les rues de la grande ville américaine et témoigne de la solidarité des New-yorkais. Rentrant le 19 mars d'un reportage à Cuba; Peter Turnley s'est retrouvé confiné dans son petit appartement de New-York, avec l'impossibilité de revenir en France à Paris où il vit depuis 1978.

C'est armé de son petit appareil photo que, confiné malgré lui, Peter Turnley est parti dans les rues new-yorkaises pour capter les visages masqués des habitants.
C'est armé de son petit appareil photo que, confiné malgré lui, Peter Turnley est parti dans les rues new-yorkaises pour capter les visages masqués des habitants. © FTV/France 3 Occitanie

"En face de ma première Guerre mondiale" 

Malgré ses 40 ans d'expérience de reporter, jamais encore il n' avait vécu une telle situation :

Tout le monde avait besoin de parler. Tout le monde avait une histoire. Et je me suis rendu compte, peut-être pour la première fois de ma vie, après avoir couvert toutes les guerres du monde depuis 40 ans, que j'étais en face de ma première guerre mondiale ! C'est à dire une guerre mondiale contre un virus, un ennemi invisible dont on ne connait pas la ligne de front.

Peter Turnley, photographe

Pourtant, des lignes de front, il en a connu aux quatre coins de planète notamment pour le journal Newsweek pour lequel il a couvert bien des conflits pendant vingt ans.

Inspiré par les Français Cartier Bresson et Doisneau

Sa passion pour la photographie a commencé alors qu'il avait tout juste 16 ans. C'est aussi à ce moment qu'il découvre les clichés de Henri Cartier Bresson, le célèbre photographe français.
Son amour pour Paris et l'art de vivre à la française ne le lâcheront plus et cela va lui sourire. Il a ainsi la grande chance au début des années 80 de rencontrer l'autre maître français de la photographie, Robert Doisneau. Il va travailler comme assistant pour lui et c'est Robert Doisneau qui va le faire rentrer dans une agence où il décrochera ses premières commandes professionnelles de reportages photographiques. Il a obtenu la nationalité française voici un an et demi.
Des instants de solitude, d'inquiétude, de souffrance...mais aussi des instants d'amour et de partage saisis par Peter Turnley dans New-York.
Des instants de solitude, d'inquiétude, de souffrance...mais aussi des instants d'amour et de partage saisis par Peter Turnley dans New-York. © Peter Turnley/FTV FR3 Occitanie
Photographe tout terrain, Peter Turnley était déjà des débuts du festival Visa pour l'image avec des images fortes, se souvient Jean-François Leroy, créateur et directeur de la manifestation : "En 1989, on avait exposé son travail sur la place Tian'anmen en Chine.  C'est un vieux compagnon de route."

L'exposition "Le visage humain du Covid-19 à New-York" est visible jusqu'au 27 septembre au Couvent des Minimes à Perpignan. Entrée libre.
 
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