Visa pour l'image 2022 : focus sur l'Ukraine pour la 34e édition du festival de photojournalisme de Perpignan

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Écrit par Armelle Goyon avec l'AFP

Le festival du photojournalisme Visa pour l'image met à l'honneur le travail des reporters de guerre, notamment en Ukraine. Tout en étant attaché à "montrer l'actualité du monde".

Comme on pouvait l'imaginer, la guerre en Ukraine sera l'un des thèmes majeurs abordés par la 34e édition du Festival Visa pour l'image du 27 août au 11 septembre prochain à Perpignan. Décliné en exposition mais aussi dans les différentes soirées de projections. Un véritable casse-tête pour le comité de sélection au vue de la quantité de photojournalistes présents sur le terrain.

Comme la pandémie de Covid-19 l'année passée, la guerre en Ukraine, qui "gronde depuis huit ans aux portes de l'Europe", rappelle Jean-François Leroy, ne pouvait
évidemment être absente de Visa.

Le festival comptera aussi parmi ses invités Mstyslav Chernov et Evgeniy Maloletka, derniers journalistes à avoir couvert le blocus de Marioupol pour l'Associated Press (AP) et exfiltrés en mars par les médecins de l'hôpital de cette ville dévastée sous les bombardements russes.

Il y a une exposition qui s'est imposée, c'est Maloletka / Chernov. Les deux journalistes d'Associed Press qui ont été les derniers a être exfiltrés de Marioupol, qui étaient réfugiés à l'hôpital de Marioupol et exfiltrés par les toubibs de l'hôpital.

Jean-François Leroy , Visa pour l'Image

"Il y a une exposition qui s'est imposée, c'est Maloletka/Chernov. Les deux journalistes d'Associated Press qui ont été les derniers à être exfiltrés de Marioupol, qui étaient réfugiés à l'hôpital de Marioupol et exfiltrés par les toubibs de l'hôpital. Ils leurs ont dit : "on ne veut pas que vous vous fassiez prendre parce qu'ils vont vous torturer pour dire que vous avez menti". Pour moi, c'est le coup journalistique de l'année et je suis fier de pouvoir les accueillir ici pour qu'ils nous racontent le calvaire de Marioupol", explique Jean-François Leroy, fondateur du festival en 1989.

Un regard sur le monde  

Un festival attaché comme toujours, à "montrer l'actualité du monde" outre la thématique dominante du moment.

Nous nous attachons à montrer l'actualité du monde dans son entièreté.

Jean-François Leroy, Visa pour l'Image.

"Malheureusement, le monde continue en dehors de l'Ukraine (...) il se passe des choses partout sur la planète dont, à cause de l'Ukraine, on ne parle plus. Et
nous nous attachons à montrer l'actualité du monde dans son entièreté", a déclaré Jean-François Leroy.

De l'interminable guerre afghane vue par Andrew Quilty de l'agence VU, aux rebelles birmans dans l'objectif de Siegfried Modola, et de l'apocalypse environnementale
documentée par Alain Ernoult, à l'impact de la pêche industrielle montré par George Steinmetz, 25 expositions sont au programme.

"Comme tous les ans, il y a plein de coups de cœur : des photographes qui reviennent parce que lorsqu'ils font des choses intéressantes, on les reçoit avec plaisir et des découvertes", a ajouté le directeur de Visa, citant notamment la jeune photographe libanaise Tamara Saade, qui montre Beyrouth depuis l'explosion du 4 août 2020 et la crise dans laquelle a sombré son pays.

Six soirées de projections sont aussi prévues, ainsi que des débats, des conférences, des rencontres avec des photographes. Les différents prix, qui récompensent les meilleurs reportages de l'année écoulée, seront remis à partir du 31 août, avec en point d'orgue le Visa d'or News le 3 septembre.