Prades, la ville de Jean Castex, veut redonner des perspectives plus gaies aux commerces fermés

Ce vendredi 12 mars, l'émission Rendez-Vous en Terrain Connu à 18h38 sur France 3 Occitanie se pose à Prades (Pyrénées-Orientales). La commune du Premier ministre Jean Castex tente d’attirer des commerçants en centre-ville grâce à des vitrophanies, perspectives colorées collées sur vitrine.

Pour redonner couleurs et perspectives à ses commerces fermés et vacants, la Ville de Prades a décidé de les orner de vitrophanies pour égayer les rues et inciter de nouveaux commerçants à s'installer.
Pour redonner couleurs et perspectives à ses commerces fermés et vacants, la Ville de Prades a décidé de les orner de vitrophanies pour égayer les rues et inciter de nouveaux commerçants à s'installer. © FTV France 3 Occitanie

L’idée est née lors du mandat municipal précédent. Le maire de cette commune de près de 6 500 habitants n’était autre que l’actuel premier ministre Jean Castex. La rue des marchands, qui débouche sur la place de la République (ou de l’Eglise pour les esprits chrétiens), au cœur de ville, n’avait plus rien à voir avec sa qualification, qui traduisait jadis une effervescence commerciale : "Elle était très animée voici une vingtaine d’années, puis peu à peu plusieurs commerces ont fermé" , se souvient Agnès Anceau, adjointe Culture et Patrimoine  à l’actuel maire et successeur de Jean Castex, Yves Delcor.

Celle qui n’était alors que conseillère municipale est alors chargée de réfléchir à voir si « égayer » les rues visuellement pourrait attirer des commerçants. Va naître l’idée de recouvrir les vitrines des commerces fermés par des vitrophanies. Ces revêtements adhésifs micro-perforés s’appliquent sur une vitre pour être vus depuis l'extérieur.

Cela rend le paysage urbain plus gai. C’est aussi un moyen de lutter contre l’affichage sauvage extrêmement laid parfois. J’avais lu que cela pouvait donner envie à certains commerçants de s’installer. 

Agnès Anceau, adjointe Culture et Patrimoine - Ville de Prades

Depuis quelques mois, nombreuses sont les petites et moyennes communes à y avoir recours pour lutter visuellement contre la « vacance commerciale » de leur centre-ville : d’Albertville (Savoie) à Saint-Symphorien-sur-Coise (sud de Lyon) en passant par Fournies (Haut-de-France). Avec parfois des aides financières des Départements ou de la Région.

© FTV France 3 Occitanie

Quelques rideaux relevés…en attente d’un label

Depuis, sur la quatorzaine de vitrophanies installée, six ont été ou seraient en passe d’être enlevés. Et de laisser place aux vitrines et décorations de nouveaux commerces. Un résultat certes mitigé mais encourageant. Car comme bon nombre de communes du secteur, Prades a vu en effet son taux de chômage passer de moins de 9% au début des années 2000 à près de 11% en 2020.

En parallèle, des réhabilitations d’immeubles insalubres ont été entreprises pour proposer des logements modernes et aux normes environnementales, des subventions accordées pour ravalement de façades avec ici et là des trompe-l’œil tout aussi égayant, et l'installation d'un groupement de producteurs des environs dans un local propriété de la ville a été facilitée.

Et ce n’est pas fini: l’ancien tribunal est en travaux pour rapatrier l'actuelle mairie principale excentrée vers le coeur de ville. Une vieille maison donnant sur la Place de la république devrait accueillir elle le siège du renommé festival de musique classique Pablo Casals, un Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine en parallèle à celui pour faire vivre le label Ville et Pays d’Art et d’histoire (VPAH). La ville de Prades et l’intercommunalité se sont en effet portées candidates à ce label national créé en 1995. Actuellement, 119 villes et 71 « pays » se le sont vus attribuer en France.

Agnès Anceau, adjointe Culture et Patrimoine, interrogée en coeur de ville par l'équipe de Rendez-Vous en terrain connu.
Agnès Anceau, adjointe Culture et Patrimoine, interrogée en coeur de ville par l'équipe de Rendez-Vous en terrain connu. © FTV France 3 Occitanie

Quatre critères principaux prévalent à l’attribution du label VPAH :

* un réel engagement politique des collectivités candidates à faire de la culture, de l’architecture et du patrimoine un projet local de développement ;

* un périmètre pertinent défini à partir de critères de cohérence historique, géographique, démographique et culturelle ;

* les moyens mis en œuvre par la collectivité candidate pour assurer la connaissance, la conservation, la protection et la valorisation du paysage, de l’architecture et du patrimoine ainsi que la capacité à respecter dans le temps les engagements liés à l’attribution du label en termes matériel, financier et humain ;

* la déclinaison explicite du projet VPAH dans les politiques locales menées par les collectivités candidates.

L’attribution permet aussi au labellisé de bénéficier de subventions et autres aides financières via le Ministère de la Culture, ainsi que des conseils de la Direction Régionale de l’Action culturelle.

 

 

Au menu de l'émission Rendez-Vous en Terrain Connu à Prades de ce vendredi 12 mars

Autres thèmes abordés dans cet avant-journal de 19h du vendredi 12 mars à 18h38 sur France 3 Occitanie (#RVTC à Prades) :

* L’importance de la ligne TER entre Perpignan et les stations pyrénéennes, via Prades avec Enric Balagué, président de l’association Train en Têt, qui regroupe les usagers de cette desserte ferroviaire.

* L’histoire du Grenat catalan, bijou à la couleur rouge sang et au montage typique, qui est l’un des emblèmes du département des Pyrénées-Orientales et du secteur pradéen, avec Henri Privat, troisième d’une génération de bijoutiers joailliers

Rendez-Vous en Terrain Connu à Prades (Pyrénées-Orientales) présenté par Joan Lopez et Camille Nowak.

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