Sète : les occupants du parking du Mas Coulet sommés de quitter les lieux

Le tribunal administratif de Montpellier l'a décidé fin juin. Les familles en situation précaire qui occupent le terrain du Mas Coulet, à Sète, doivent quitter les lieux sous 8 jours sous peine de payer une astreinte et d'être évacuées de force. Les associations humanitaires héraultaises réagissent.

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Ils sont nombreux à alerter sur les conséquences de la décision du tribunal administratif de Montpellier. La Cimade, la Ligue des droits de l'homme, RESF, la Fondation Abbé Pierre et même des élus sétois. Tous, réunis dans le collectif "Mon voisin, c'est toi", s'inquiètent du devenir des familles qui se sont installées au fil des années, sur le quai des Moulins, à Sète. D'ici moins de 8 jours, le terrain doit être "dégagé", sous peine d'astreintes à payer et d'une expulsion forcée.

Un campement précaire mais solidaire

Ils sont environs 80, dont une quinzaine d'enfants, à partager cet emplacement, à l'entrée de Sète en direction de la gare. Un ancien parking sans ombre qui appartient à l'Etat mais dont la municipalité sétoise réclame la restitution. Les premiers sont arrivés après l'évacuation de la zone destinée au port de plaisance, en 2012. Et cette population hétéroclite s'est trouvée renforcée, au fil des ans et de la crise sociale. Des Français, des Polonais, des familles roumaines, des jeunes travailleurs précaires et des retraités. 
Au total, une cinquantaine de caravanes et une vie sociale qui s'est organisée avec beaucoup de solidarité entre les occupants, mais aussi avec de nombreux Sétois. Effort de scolarisation des enfants, campement pauvre mais propre avec un réel effort de lutte contre l'insalubrité. 

Une occupation de nature à "troubler l'ordre public" selon le tribunal administratif de Montpellier

Ces termes figurent dans la décision du Tribunal administratif, au motif que le terrain du Mas Coulet ne bénéficie pas de réseau d'eau et d'assainissement. Plus généralement, la décision du tribunal est motivée par le fait que bien évidemment, les occupants du terrain ne possèdent pas de titre de propriété. 

Les associations qui soutiennent les familles ne contestent pas le droit à la propriété ni le caractère insalubre des lieux mais demandent, depuis le départ, qu'une solution "humaine" soit trouvée pour cette communauté et que l'occupation du Mas Coulet soit tolérée, en attendant, comme solution provisoire. 

Nicolas Mutel et Enrique Garibaldi ont rencontré les habitants du campements menacés d'expulsion.