Canicule : la centrale nucléaire de Golfech, obligée de baisser sa production, devrait faire grimper les prix de l'électricité

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Comme en 2019, la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) va devoir réduire sa production d'électricité en raison de la canicule. Mais cette fois-ci, les réacteurs ne seront pas mis à l'arrêt pour répondre aux besoins du réseau français en difficulté.

Le message a été diffusé par EDF mardi 2 août 2022, en fin de journée, sur son site internet : "En raison des prévisions de températures élevées sur la Garonne, des restrictions de production sont susceptibles d’affecter le site de production nucléaire de Golfech à partir du 4 août 2022."

La situation est la même qu'en juillet 2019. Avec les fortes chaleurs de ces derniers jours, la température de la Garonne est sur le point d'atteindre les 28°. Une "situation climatique exceptionnelle" alors que l'installation nucléaire utilise l’eau de la rivière pour refroidir les réacteurs avant de la rejeter.

Pas d'arrêt des réacteurs pour garantir l'offre d'électricité

Une fois cette température de l'eau atteinte, la centrale doit stopper sa production et par conséquent ses deux réacteurs. Comme ce fut le cas, en juillet 2019.

Mais cette fois-ci, Golfech ne sera pas totalement à l'arrêt. Elle va devoir assurer un minimum de production (entre 260 et 300 MG) à la demande de RTE France, comme l'indique l'arrêté du 18 septembre 2006, afin d'"assurer la sécurité  du réseau électrique mais surtout de garantir l'équilibre de l'offre et de la demande". 

"En cette période de faible consommation (début août), ce couplage de Golfech est nécessaire au maintien des niveaux de tension (notamment 225 000 volts) admissibles pour le bon fonctionnement du système électrique, explique la communication de RTE. A titre d’exemple, les niveaux de tensions dans nos postes électriques 225 000 volts proches à Braud et Marquis, pourraient dépasser les plages exceptionnelles de tension de 247,5 kV pour atteindre des niveaux maximum jusqu’à 251kV. Ce qui n’est pas admissible pour le bon fonctionnement du système électrique (équilibre offre/demande)."

La production d'électricité en France est sous haute tension et serait la plus faible depuis 30 ans. En cause : plusieurs installations d'EDF sont à l'arrêt pour réparation ou maintenance planifiée. "Nous modulerons la puissance de notre centrale en fonction des besoins du réseau" indique Romain Philippeau, chargé de communication au CNPE de Golfech.

Les centrales de St. Alban (Isère) et de Tricastin (Drôme) sont également concernées par ces mesures. Cette nouvelle baisse de production annoncée devrait faire à nouveau grimper les prix de l'électricité en France.