Dix ans après la disparition d'Amandine Estrabaud, les collègues de Guerric Jehanno retrouvent la mémoire et lui fournissent un alibi pour son 3e procès

Guerric Jehanno, déjà condamné deux fois à trente ans de prison pour le viol et le meurtre d’Amandine Estrabaud en 2013, est jugé pour la 3e fois à Montauban dans le Tarn-et-Garonne jusqu'au 26 janvier. Ses collègues ont affirmé qu'il travaillait avec lui sur un chantier le jour de la disparition de la victime.

Rebondissements au 2e jour du procès de Guerric Jehanno. Jugé pour la 3e fois pour le viol et le meurtre d’Amandine Estrabaud, commis le 18 juin 2013 à Roquecourbe dans le Tarn, l'accusé, a bénéficié de déclarations renforçant son alibi

Deux de ses anciens collègues ainsi que son employeur, ont affirmé, mardi 23 janvier 2024, sans l'ombre d'un doute ce mardi 23 janvier 2024 que Guerric Jehanno n'avait pas quitté le chantier sur lequel il travaillait, le jour de la disparition de la victime. Un élément crucial qui ne l'a pas toujours été sauf pour la défense de Guerric Jehanno. 

"Ils ont toujours dit qu'ils étaient tous les trois restés pour talocher sur le chantier, souligne Me Marie-Hélène Pibouleau qui assure la défense de l'accusé. Mais la manière de s'exprimer était moins affirmative. Mais quand on lit leurs dépositions, ils ont toujours dit la même chose en réalité."

Comment expliquer que cette déclaration soit plus affirmative dix ans et demi après les faits ? 

"Tout simplement, ils ont eu le temps d'y repenser, analyse l'avocate de la défense, auprès de notre équipe de France 3 Occitanie qui assiste au procès."

 "À force de se remémorer depuis dix ans, ils sont certains. Je pense qu'ils se sont dits "ça suffit, on va dire les choses fermement". 

Me Marie-Hélène Pibouleau, avocate de Guerric Jehanno

"Ce sont des hommes honnêtes et loyaux, sans antécédents judiciaires qui ne sont pas des repris de justice, ils n'ont aucune raison d'aller raconter n'importe quoi pour sauver Guerric Jehanno", argumente encore l'avocate.

Un coup dur pour la famille d'Amandine Estrabaud

Sur les bancs de la partie civile, la famille de la victime serre les dents. Pour elle, ce nouveau procès, qui intervient après un vice de procédure et la casse du verdict d’appel, ternit à nouveau l'image d'Amandine Estrabaud. 

"Ce qui me rend le plus malade, c'est que la victime, c'est Amandine. Et on la traîne dans la boue. Elle n'avait pas d'argent, elle n'avait pas d'enfant, elle n'allait pas avoir de situation, pas de maison. On a l'impression que c'est elle la coupable. C'est tellement injuste vis-à-vis d'elle que je suis dans la révolte dans la colère", exprime les larmes aux yeux, sa tante Lilou. 

Cet après-midi du mardi 23 janvier, Guerric Jehanno a été longuement entendu. L'accusé a été mis en difficulté sur ses réponses évasives, presque ironiques, notamment quand la présidente le provoque : "vous avez une véritable mémoire de poisson rouge." " Ben ouais !", répond laconiquement Guerric Jehanno. 

Les nouvelles déclarations de ses collègues lui fournissant un alibi vont-elle convaincre les jurés ? Verdict dans trois jours. Guerric Jehannon a été condammé deux fois à 30 ans de prison dans cette affaire.