Une femme en niqab interpellée après avoir fait irruption dans un centre de loisirs à Grisolles (Tarn-et-Garonne)

La jeune femme a fait irruption dans ce centre de loisirs / © Ch. Neidhardt / France 3
La jeune femme a fait irruption dans ce centre de loisirs / © Ch. Neidhardt / France 3

Une jeune femme a semé la panique ce mardi matin dans les locaux d'un centre de loisirs pour enfants de Grisolles. Elle s'y est retranchée avant d'être interpellée. 

Par Fabrice Valery

Quelles étaient ses motivations ? Une jeune femme d'une vingtaine d'années, de nationalité canadienne, a fait irruption tôt ce mercredi matin dans les locaux du centre de loisirs pour enfants, rue des déportés à Grisolles (Tarn-et-Garonne), puis s'y est retranchée, a-t-on appris auprès des gendarmes.

La jeune femme, menaçante, est entrée vers 7h45, portait une niqab et a crié "Allah akbar", selon les termes employés par le commandant du groupement de gendarmerie du Tarn-et-Garonne, le lieutenant-colonel Gaël Ronde. (NDLR : dans un premier temps, la gendarmerie avait indiqué que la femme portait une burqa mais l'information a été corrigée dans l'après-midi).

Plusieurs personnes choquées

Il y avait plusieurs personnes à ce moment-là dans le centre de loisirs (des animateurs et du personnel ainsi qu'un enfant et sa maman). La plupart ont réussi à prendre la fuite immédiatement, dans les cris et sous la menace. Les autres enfants attendus pour cette journée de vacances ont été mis à l'abri et ne sont pas entrés dans le centre de loisirs. Selon le maire de la commune, Patrick Marty, interrogé par France 3, une personne a été en contact avec la jeune femme un peu plus longtemps et est particulièrement choquée.
 

Menaces d'égorgement

Ce témoin est une femme de ménage : elle lui a fait face pendant 15 minutes environ, avant d'être "délivrée" par un policier municipal et a raconté à France 3 sa grosse frayeur notamment quand son agresseur a miné un signe d'égorgement.
 

Elle a aussi indiqué que la jeune femme l'a agressée physiquement et menacée de l'égorger. Elle aurait ensuite saccagé les lieux et tenté de mettre le feu avec une poubelle. Elle a également confirmé que la femme ne parlait pas français.
 

Interpellée par les gendarmes

La jeune femme, qui était donc seule retranchée dans les locaux, a ensuite indiqué aux négociateurs qu'elle était en possession de plusieurs bombes. Des sacs ont été saisis par les gendarmes mais les démineurs, venus de Toulouse, n'ont découvert aucun engin explosif.

Elle a fini par être interpellée, aux alentours de 9h30 : à la faveur de ses aller-retours entre l'intérieur et l'extérieur, elle a été "cueillie" en douceur par les hommes du PSIG. Les locaux étaient, en milieu de matinée, passés au peigne fin par les forces de l'ordre qui n'ont rien trouvé de suspect

Il n'y a pas eu de blessés. "La situation est sous contrôle et tout le monde est en sécurité" a indiqué à France 3 la mairie de Grisolles. La femme a été placée en garde à vue.
 

Remarquée un peu plus tôt sur le marché

Selon la procureure de la République de Montauban, la piste terroriste est écartée. Il s'agirait plutôt d'une déséquilibrée qui tenait des propos incohérents. Le parquet de Paris a été informé mais ne s'est pas saisi de cette affaire.
Quelques minutes avant d'entrer dans le centre de loisirs, elle avait été remarquée par des commerçants du marché pour son attitude étrange. Elle ne portait pas alors de niqab, a indiqué le maire de la commune, mais semblait "sous l'emprise de l'alcool ou de médicaments". La police municipale avait été prévenue mais à leur arrivée, la jeune femme avait déjà pris la direction du centre de loisirs.
 

Arrivée en France la veille

La femme interpellée, porteuse d'un passeport canadien, est arrivée la veille sur le territoire français. Elle est arrivée via l'aéroport Toulouse-Blagnac et rien n'explique pour quelles raisons elle s'est ensuite rendue dans la petite bourgade de Grisolles, à la limite du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne.
L'enquête de flagrance est menée par les gendarmes. La procureure de Montauban a demandé une expertise psychiatrique et indique qu'elle devrait rapidement ouvrir une information judiciaire. 
 
Le quartier a été bouclé à Grisolles / © Ch. Neidhardt / France 3
Le quartier a été bouclé à Grisolles / © Ch. Neidhardt / France 3

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