Harcèlement, outrage et vidéos à contenus haineux : l'éleveur qui s'en était pris à des élus, condamné à 12 mois de prison avec sursis

Le verdict est tombé dans l'affaire Mercadal. Jugé pour outrage et harcèlement, l'éleveur de cochons laineux, à Montjoi en Tarn-et-Garonne a été jugé coupable par le tribunal correctionnel de Montauban. Il est condamné ce vendredi 26 juillet à 12 mois de prison avec sursis et 5 ans d'inéligibilité.

Le tribunal correctionnel de Montauban est allé au-delà des réquisitions du procureur. Pierre-Guillaume Mercadal, l'éleveur de cochons, à Montjoi dans le Tarn-et-Garonne, a été jugé coupable d'outrage et harcèlement. 

12 mois de prison avec sursis 

"On ne peut pas tout dire ou tout faire en République", avait affirmé le procureur de Montauban lors du procès de Pierre-Guillaume Mercadal, le mardi 25 juin 2024. Il comparaissait pour des faits de harcèlement et d'outrage envers deux maires, un journaliste et une policière municipale. Le jugement avait été mis en délibéré. 

Ce vendredi 26 juillet 2024, la justice a rendu son verdict. Pierre-Guillaume Mercadal est déclaré coupable et condamné à douze mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité dans les instances agricoles. Il devra également verser des dommages et intérêts aux victimes. Au total, près de 20.000 euros. Une condamnation, qui va au-delà des réquisitions du procureur.

"Un déchaînement de violence"

Pierre-Guillaume Mercadal se voit également contraint par la justice de retirer l'ensemble de ses publications sur les réseaux sociaux, dont beaucoup sont encore en ligne, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour et par vidéo. Le condamné et son avocat n'ont pas souhaité faire de commentaire sur France 3 Occitanie à leur sortie du tribunal. 

Tout a commencé par une banale affaire de chemin d'accès à son exploitation. Mais la situation s'est enlisée et l'agriculteur est devenu de plus en plus violent. "Au début, on avait un petit dossier, une sorte d'affaire de Gaulois", affirmait au procès Maître Deville, l'avocat du maire de Montjoi, une des victimes. "Mais maintenant, c'est un vrai dossier avec des insultes et un déchaînement de violence absolument terrible."

Soutenu par la "fachosphère"

Car Pierre-Guillaume Mercadal ne s'est pas arrêté à de simples visites à son maire. Il est allé jusqu'à déposer un cochon mort dans son bureau pour l'intimider. Et gare à ceux qui prenaient la défense de l'idylle ou évoquaient le dossier. Jean-Michel Baylet, un journaliste de la Dépêche du Midi et une policière ont aussi subi les affres de l'agriculteur. 

À lire : "Celui qui me pourrit la vie c'est toi !" Un éleveur dépose un cochon mort sur le bureau du maire, ravivant les conflits

Soutenu par le Youtubeur d'extrême droite, Papacito, lui-même condamné à 5000 euros d'amende pour injures publiques homophobes et provocation à la haine envers le maire de Montjoi, l'agriculteur a multiplié les vidéos et les publications, incitant à des commentaires haineux.

Lors de son procès, il a tenté de se faire passer pour la victime d'un "complot médiatique". La justice en a décidé autrement.

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