Le groupe semencier Lidea a annoncé un plan social qui prévoit l'arrêt pur et simple de l'activité sur le site de Caussade (82). 54 postes sont supprimés. C'est tout un bassin économique qui est fragilisé.
C’est une page de l’histoire de Caussade qui se tourne. Implantée depuis 60 ans, l'usine du semencier va fermer. Une usine qui fait partie du groupe Lidea depuis 2020, suite à la fusion avec Euralis semences. Aujourd'hui l'un des leaders du marché de la semence à travers le monde avec 2000 employés au total.
Fermeture annoncée
La direction prévoit aujourd'hui un plan social et la suppression de 54 emplois à Caussade (82). Une décision justifiée dans un communiqué par un contexte économique difficile mettant en avant " une baisse des productions, la hausse du coût des matières premières et conflit en Ukraine".
Des arguments non recevables pour Joël Combalbert, responsable syndical FO chez Lidea France.
"On subit beaucoup de décisions de la direction depuis la fusion en 2020. Des stratégies plus ou moins fumeuses, des budgets totalement irréalistes, des stocks qui ont gonflé de manière démesurée et qui pèsent aujourd'hui lourdement dans notre trésorerie. On arrive aujourd'hui à une situation économique dégradée. On ne peut pas le contester mais qui paye l'addition ? Ce sont tous ces salariés."
Des salariés qui ont choisi ce jeudi 17 octobre de se rassembler sur le site de Mondonville (31) de l'entreprise.
La direction envisage de trouver un repreneur ou de proposer un reclassement au siège social à Lescar dans les Pyrénées-Atlantiques situé à 300 kilomètres de Caussade. Une éventualité inacceptable pour des salariés comme Joris Fraysse, employé au laboratoire de Lidea.
Partir à Lescar ou en Roumanie parce que la direction a décidé d'un trait de plume qu'elle n'avait plus besoin de nous ? Non, je crois qu'il n'y a pas grand monde qui va partir !
Joris Fraysse, salarié de LideaPropos recueillis par J.Valin et R.Guillon
Un coup dur pour le secteur
Avec la fermeture du site de Caussade et la suppression de 54 emplois, ce sont aussi des intérimaires qui vont perdre leurs activités, des producteurs locaux, des commerces aussi. Tout un bassin économique pourrait en pâtir dans cette commune de moins de 7 000 habitants. Le patron d'un bar du village est inquiet. "Plus de 50 emplois en moins dans une petite commune comme la nôtre, ça va se sentir. Ça signifie des familles au chômage. Par un effet de domino, ça touchera le commerce".
Au niveau national, le plan social concerne 81 emplois. La direction de Lidea compte débuter les procédures de licenciement au cours du premier trimestre 2025.