VIDEOS. Agressions d'élus du Tarn-et-Garonne s'opposant à l'installation de caravanes de gens du voyage

Un dimanche 11 juin agité pour les élus de la communauté de commune Terres des confluences, dans le Tarn-et-Garonne. Ils ont tenté de s'interposer dans l'installation d'une cinquantaine de caravanes des gens du voyage, un terrain communal de Castelsarrasin, et ont été agressés.

Dimanche 11 juin, un terrain de la communauté de commune Terres des Confluences a été envahi par une cinquantaine de caravanes de gens du voyage. Alertés par la population, le maire de Castelsarrasin, Jean-Philippe Besiers (Parti divers centre), le maire de Moissac, Romain Lopez (RN) ainsi que Dominique Briois (Divers droite), président de la collectivité, se sont rendus sur place pour tenter d’empêcher l’installation des caravanes. "On a passé l’après-midi à s’interposer, à discuter, à faire venir le sous-préfet", explique Dominique Briois.

Des élus violentés

"Il est inconcevable, aujourd’hui, que nous puissions laisser faire ce genre de choses. Nous avons fait tout notre possible pour tenter d’enrayer cette situation et faire en sorte que ces personnes ne puissent pas occuper illégalement un terrain avec toutes les consommations de fluides qu’il va y avoir", témoigne Jean-Philippe Besiers dans une vidéo publiée sur Facebook.

Alors qu’un camion de la communauté des gens du voyage tentait de forcer le passage, Dominique Briois s’est interposé. "Ils ont continué d'avancer, et je me suis retrouvé à terre. Ça n’a pas été méchant non plus, mais j’ai été renversé. Je me retrouve avec des égratignures au coude, mais je n’ai pas été hospitalisé", explique le président des Terres des Confluences.

Si la scène n’a pas été filmée dans son intégralité, Jean-Philippe Besiers a sorti son téléphone portable pour immortaliser le reste des échanges, entraînant une réaction des gens du voyage, bousculant le maire. Sur la vidéo (ci-dessous), Dominique Briois à terre, et un des individus, voyant que la scène est filmée, indique face caméra qu’ "il a fait exprès de tomber."

L'absence d'aire de grand passage

Des membres d'un groupe de gens du voyage se sont arrêtés à Castelsarrasin pendant une semaine en se dirigeant vers Agen. Ces déplacements de convois de caravanes sont fréquents en France à cette période de l'année, offrant aux gens du voyage membres du mouvement pentecôtiste une occasion de célébrer leur foi.

A Castelsarrasin,il existe une aire d'accueil, "la Verdoulette", récemment rouverte après des travaux de modernisation d'environ 800 000 € mais elle n'est pas destinée à accueillir les grands passages.

Cet incident intervient alors qu'un problème structurel se pose dans le département comme l'explique le préfet du Tarn et Garonne Vincent Roberti. "Le département ne dispose pas d'aire de grand passage. C'est le meilleur moyen d'éviter ce type de situations,  les tensions. Si on est en capacité d'accueillir convenablement ces grands passages, on évitera ce genre de situation", indique-t-il.

Ces difficultés ne sont pas nouvelles dans le Midi toulousain. Le préfet de Tarn-et-Garonne prévoit donc de travailler avec les élus locaux dans les mois à venir pour réviser le schéma départemental d'accueil des gens du voyage.

Des plaintes déposées

Mais les élus ne comptent pas pour autant en rester là. "Nous prendrons toutes les mesures nécessaires, avec la préfecture et les associations militantes, pour faire en sorte que cette situation cesse. Nous avons investi plus de 800 000€ sur l’aire d’accueil de la Verdoulette. Nous ne pouvons concevoir qu’il existe encore, à ce moment-là, des intrusions illégales."

Le maire de Castelsarrasin déclare que des plaintes ont été déposées : "nous ne pouvons tolérer ce genre de situation, cet état de non droit". Des propos soutenus par le président de la communauté de communes, qui a lui aussi déposé plainte. " D’abord parce qu’essayer d’envahir des terrains comme ça, sans crier gare, ce n’est pas admissible. Et puis, on ne force pas le passage comme ça, ce ne sont pas des comportements acceptables", conclut-il.

De son côté le préfet a affirmé que "l'instruction fera la lumière sur ce sujet, mais je tiens à rappeler que a violence à l'encontre d'élus ne sera pas tolérée dans ce département".