Affaire Jubillar : de nouvelles analyses indiquent que le téléphone n’a pas quitté les environs du domicile

Depuis la disparition de son épouse Delphine, Cédric Jubillar maintient qu'elle a quitté le domicile familial avec son téléphone portable. De nouveaux éléments viennent mettre en doute ces affirmations. La défense du suspect doute de leur crédibilité.

Près de deux ans après sa disparition, Delphine Jubillar reste introuvable. Son téléphone portable, lui non plus, n’a jamais été retrouvé. Mais une nouvelle analyse approfondie du réseau téléphonique de son mobile a pu livrer de nouveaux éléments aux enquêteurs. 

Relevé des connexions au réseau, bornage numérique, étude de la géolocalisation… Les gendarmes et les experts informatiques sont pleinement mobilisés pour tenter de faire la lumière sur la disparition de cette infirmière tarnaise. Ils sont parvenus à recouper les données mobiles enregistrées cette nuit-là sur l’appareil appartenant à Delphine Jubillar.

Un périmètre limité aux abords du domicile 

Selon les informations de nos confrères de BFMTV, le téléphone portable de l’infirmière portée disparue depuis le 16 décembre 2020 n’aurait pas quitté la zone proche du domicile familial cette nuit-là. “La zone la plus probable dans laquelle se situait le téléphone portable cette nuit-là est celle du domicile”, résume ce mercredi BFMTV. 

Au cours de ces nouvelles analyses, aucun "événement réseau" n'a été constaté par les enquêteurs. En clair, cela signifie que le téléphone n’a probablement pas quitté le domicile familial de Cagnac-les-Mines. 

Toujours selon les experts, le téléphone “n'a jamais été hors couverture réseau” la nuit de sa disparition. Précisément entre 22h26, “heure à laquelle Delphine Jubillar regarde la télévision avec son fils” - d’après les affirmations de son époux Cédric- ,"et 7h48, heure à laquelle il s'éteint définitivement”. “Il n'a jamais été éteint et il n'a jamais été mis en mode avion” durant ce laps de temps, indiquent les enquêteurs.

Un déverrouillage qui interroge

L’analyse des données téléphoniques menée par les enquêteurs va plus loin. Elle a permis de démontrer que le téléphone a été "déverrouillé par une action humaine” à 06h52 le 16 décembre 2020. Mais cette procédure intrigue les enquêteurs. À cette heure, les gendarmes sont arrivés au domicile conjugal depuis une vingtaine de minutes.

À leur arrivée, Cédric Jubillar, qui a alerté la police à 04h59 le même jour, est présent avec ses deux enfants en bas-âge. Il assure que son épouse Delphine a quitté la maison… avec son téléphone et qu’elle est injoignable. 

Cédric Jubillar de retour devant les juges d'instruction 

Je suis très surpris par la méthodologie et la temporalité de ces pseudos révélations”, fustige Me Jean-Baptiste Alary, l’un des avocats de Cédric Jubillar. Contacté ce mercredi au sujet du rapport sur les données téléphoniques, le juriste dénonce des "méthodes dangereuses". Selon lui, “la méthodologie et le fond du rapport de la gendarmerie ne sont pas crédibles." “La gendarmerie a établi un procès-verbal qui n’a pas valeur d’expertise. Ce n’est pas un document crédible dont les conclusions sont réservées", assure le juriste.  

La gendarmerie a établi un procès-verbal qui n’a pas valeur d’expertise. Ce n’est pas un document crédible.

Me Jean-Baptiste Alary, avocat de Cédric Jubillar

Je me demande pourquoi un expert indépendant n’a pas été mandaté. Et surtout pourquoi on nous sort ce genre de révélations fracassantes maintenant alors que nous avons déposé une nouvelle demande de remise en liberté de mon client mardi dernier et qu’il doit être reçu par les juges d’instruction” .

Une nouvelle audition du suspect est prévue vendredi 23 septembre à 09h30. Depuis le 18 juin 2021, Cédric est mis en examen pour le meurtre de Delphine Jubillar, dont le corps n’a jamais pu être localisé.