A Albi, les berges du Tarn se transforment chaque soir en boîte de nuit, les riverains sont excédés

Chaque soir depuis le déconfinement, les berges du Tarn se transforment en lieu de soirée géante à Albi. Le malaise grandit entre riverains exaspérés par le bruit et jeunes fêtards bien décidés à profiter de l'été. 

Des centaines de personnes se rassemblent chaque soir pour faire la fête au pied du Palais de la Berbie, à Albi.
Des centaines de personnes se rassemblent chaque soir pour faire la fête au pied du Palais de la Berbie, à Albi. © T.Villéger / FTV
Chaque soir, l'histoire se répète à Albi. Sur les berges du Tarn, entièrement réaménagées, les jeunes se rassemblent pour faire la fête. Ce qui n'était qu'occasionnel durant l'été jusqu'à présent a pris une ampleur inédite depuis le déconfinement. Est-ce à cause de la fermeture des boîtes de nuit ?  Dès la fermeture des bars, plusieurs centaines de personnes se rassemblent désormais sur les bords du Tarn, en contrebas du Palais de la Berbie et la fête dure jusqu'au bout de la nuit. Les riverains sont exaspérés par le bruit. Les fêtards adorent cet endroit, "cool et sympa où des gens font de la musique".rn

Des centaines de personnes chaque soir

Il y a ceux, comme Julie et Lucas, qui viennent en début de soirée retrouver ici leurs amis. "L'été, c'est un des rares endroits d'Albi où on peut aller" dit Lucas. "C'est beau, il y a une jolie vue et il fait frais" renchérit Julie. "On aime bien se retrouver ici entre amis. On amène des gâteaux, on fait l'apéro, on se retrouve, on met la musique, c'est convivial." Ensuite, vers 1h00 du matin, ils finissent la fête dans des appartements. D'autres, au contraire, choisissent justement cette heure-là pour rallier l'endroit. "A partir du moment où les bars ferment, les gens sortent et ils nous rejoignent ici" explique Icham, un habitué des lieux. "Tous les soirs, on se retrouve ici de 1h00 à 6h00 ou 7h00 du matin. C'est ambiancé, y a beaucoup de jeunes, y a beaucoup de monde."

On veut faire de cet endroit un Saint-Pierre à la Toulousaine. On est parfois 200 à 500 personnes. C'est cool. C'est comme si c'était une boîte à ciel ouvert.

Icham, fêtard rencontré sur les berges du Tarn

"Le mouvement est né sur les réseaux sociaux" explique Leonardo, "l'idée, c'est de se retrouver. On s'amuse, on boit, on fume... On se rejoint pour faire la fête."


Des riverains "désespérés"

Et la fête, depuis plusieurs semaines, dure quotidiennement jusqu'au bout de la nuit. De quoi exaspérer les riverains.
"Tous les soirs, on a le bruit à partir de 22h00 et ça continue jusqu'à 5 ou 6 heures du matin" explique Mario Lapuente, qui vit et tient une chambre d'hôtes juste de l'autre côté du Tarn."On a même des feux d'artifices. Il y a des gens qui jouent du djembé, qui chantent. Il y a du bruit toute la nuit, on ne peut pas dormir."

Ici, ça a toujours été un quartier calme, on était bien mais tout d'un coup, surtout depuis le déconfinement, c'est devenu systématique. Cela fait 3 mois qu'on ne dort pas. On ne sait pas quoi faire. On est désespéré.

Mario Lapuente, riverain et gérant d'une chambre d'hôtes

Les riverains ont fait une pétition qu'ils ont envoyée à la mairie pour demander que des mesures soient prises pour limiter les nuisances. Ils appellent aussi régulièrement la police. Sans succès pour l'instant. "Ils nous disent qu'ils ne peuvent rien faire, que les gens qui font la fête sont trop nombreux" explique Mario.
De leur côté, les fêtards ne voient pas trop où est le problème. " Les berges, c'est quand même un endroit où on a le droit de venir et de faire la fête" estime Galane. "Les gens se plaignent mais on a tous été jeunes" renchérit Leonardo, "ça va pas s'arrêter, ça va durer tout l'été".
 

Quand la fête vire au drame

Au-delà des nuisances sonores, se pose aussi le problème de la sécurité. Selon le témoignage d'un fêtard rencontré sur place par France 3, de très jeunes adolescents fréquentent désormais les lieux. Certains roulent en vélo ou en sccoter au bord du Tarn. Sans parler de l'alcool qui est consommé. "Il y a parfois des altercations" dit un jeune homme. "Après une certaine heure, ça devient un peu n'importe quoi, il faut savoir partir" dit de son côté Galane.  
Et puis, il y a ce que tous les fêtards interrogés désignent comme "un accident qui peut arriver" : la mort d'un jeune homme d'une trentaine d'années dans la nuit du 4 au 5 juillet.  Il est tombé à l'eau alors qu'il faisait la fête au bord du Tarn. Malgré l'intervention de témoins et des secours, il n'a pas pu être ranimé.
Contactée, la mairie n'a pas souhaité répondre aux questions de France3 sur ces fêtes répétées et leur sécurité..

Voir ici le reportage de Robin Doreau et Thierry Villéger :
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