«La balle est passée à 11 cm, ça aurait pu être moi» : témoignage dans le Tarn après un accident de chasse

A Saint-Grégoire, près d’Albi, ce dimanche 27 décembre 2020, une balle tirée par un chasseur au cours d'une battue au sanglier a perforé la baie vitrée d'une maison. Pas de victime mais une énorme frayeur et une grosse colère pour l'habitante. Voici son témoignage. 

L'impact de balle dans la baie vitrée d'une maison de Saint-Grégoire, dans le Tarn
L'impact de balle dans la baie vitrée d'une maison de Saint-Grégoire, dans le Tarn

Son récit est glaçant. Myriam sait qu’elle a eu beaucoup de chance. Ce dimanche 27 décembre, une balle perdue d’un chasseur est passé à 11 centimètres seulement de la tête de cette habitante de Saint-Grégoire, une commune du Tarn, située près d'Albi. La balle a perforé la baie vitrée de son salon avant de se ficher dans le mur opposé. Au lendemain des faits, elle a accepté de témoigner.  

"J’étais au téléphone quand j’ai entendu une grosse détonation, un bruit énorme. J’ai cherché ce que c’était, j’étais convaincu que c’était une bouteille de gaz qui avait explosé. Je méloigne, je regarde aux 4 coins de la maison, y’a pas le feu, rien n’était tombé sur ma maison et en tournant la tête, je vois ce trou. Quand j’ai vu ce trou, j’ai compris, il y a une chasse en bas et c’est une balle."

J’avais une grosse colère à ce moment-là, j’avais bien vu que c’était bien passé au dessus de ma tête.

Myriam, habitante de Saint-Grégoire et victime d'une balle perdue

Myriam décide alors d’aller voir les chasseurs.

Je les ai incendiés de tous les mots, je leur ai dit qu'ils étaient des assassins.

Quand elle revient à la maison, les gendarmes (prévenus par son conjoint) sont arrivés. Ils ont réalisé les constatations, fait venir un expert en balistique qui a pris les mesures pour voir si ce n’était pas un ricochet et apparemment, non. 

Les gendarmes m’annoncent que la balle est passée à 11 cm de ma tête.

De la colère à la peur 

Au lendemain de cet accident de chasse, cette habitante réalise un peu mieux. La colère a laissé place à la peur.

"C’est des tirs non maîtrisés, ça fait très très peur et dans un second temps, j’ai pensé à mes petits-enfants. Je les garde, ils jouent dans ce champ, ils auraient pu jouer (ce jour-là), l’un des trois auraient pu se prendre une balle. Imaginez que ce soit l’un de mes petits-enfants. On est passé à côté d’un drame."

Il faut que ça s'arrête

Et elle ajoute « aujourd’hui, le ressenti que j’ai c’est qu’il faut que ça s’arrête. La chasse autour des maisons avec des balles à gros gibier, il faut que ça s’arrête, c’est dangereux. Chaque année on en a la preuve, il y a des morts, des blessés, il faut que ça s’arrête.

On joue avec la vie des gens. Chasser dans un village, c’est prendre de gros risques  qu’il y ait un jour un accident grave. Hier (dimanche), c’est passé à 11 cm, ça aurait pu être moi.

Myriam, habitante de Saint-Grégoire

L'homme qui a tiré a été identifié. Il doit être entendu ce lundi après-midi par les gendarmes de Valdériès dans le cadre d'une autre enquête pour mise en danger de la vie d'autrui. Une procédure judiciaire est ouverte, et son permis de chasse lui a été retiré.

Reportage Nicolas Bonduelle et Véronique Galy dans le Tarn

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