Disparition de Delphine Jubillar : un mois après, le village de Cagnac-les-Mines y pense encore et espère des réponses

Ce samedi 16 janvier cela fera un mois que Delphine Jubillar, infirmière tarnaise de 33 ans, a disparu de son domicile de Cagnac-les-Mines près d'Albi. En ce mercredi jour de marché, les habitants du village ont toujours cette affaire en tête : ils attendent des réponses.

En ce jour de marché, les habitants de Cagnac-les-Mines continuent de parler de Delphine Jubillar : sa disparition reste très présente dans leurs pensées.
En ce jour de marché, les habitants de Cagnac-les-Mines continuent de parler de Delphine Jubillar : sa disparition reste très présente dans leurs pensées. © Véronique Galy / FTV

Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est Delphine Jubillar ?

Un mois après la disparition de cette jeune infirmière âgée de 33 ans, qui travaillait en tant qu'infirmière de nuit dans le service de gastro-entérologie de la clinique Claude-Bernard à Albi (préfecture du Tarn), ces deux questions hantent les esprits de la plupart des habitants du village de Cagnac-les-Mines, où elle habitait avec son mari Cédric et ses 2 enfants de 6 ans et 18 mois.

On est dans l'inconnu. Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé ? On ne sait toujours pas. On en parle tous les jours. On voyait que ça arrivait ailleurs, mais quand on voit que ça se passe chez nous, on est dans l'inconnu.

Paul, habitant de Cagnac-les-Mines

Ce mercredi c'est jour de marché au village : la disparition de Delphine Jubillar plane sur l'ambiance qui règne sur la place.

Ces interrogations, présentes dans tous les esprits, rendent l'atmosphère "un peu bizarre".

On n'a plus l'espoir comme avant, on n'en parle plus comme au début de l'affaire. On voudrait savoir, ne serait-ce que pour ses enfants. On n'est plus dans le même état d'esprit que pour la battue : ce jour là on a prouvé qu'on était nombreux à être motivés, qu'il y avait de la solidarité dans le village.

Sylvie, participante à la battue du 23 décembre

Ce qui rajoute à l'inquiétude des habitants, c'est l'absence de résultats concrets au bout d'un mois d'enquête.

A Cagnac-les-Mines, les interrogations soulevées par la disparition de Delphine Jubillar restent sans réponse.
A Cagnac-les-Mines, les interrogations soulevées par la disparition de Delphine Jubillar restent sans réponse. © Véronique Galy / FTV

Huit jours après le signalement de sa disparition par le mari de la jeune infirmière, Cédric Jubillar, le parquet de Toulouse a ouvert une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration".

Deux magistrates du pôle criminel du tribunal judiciaire de Toulouse ont été saisies et les investigations ont été confiées aux gendarmes de la Section de Recherches (SR) de Toulouse.

De gros moyens ont été investis dans la recherche de la disparue : après la battue autour de Cagnac-les-Mines, qui a rassemblé près de 1 600 volontaires pendant toute une journée, les gendarmes de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) se sont concentrés sur le pavillon de la famille. Ils ont cherché des traces de sang, puis des experts ont sondé les murs et enfin une modélisation des lieux en 3D a été réalisée.

On voit passer beaucoup de voitures, des gendarmes, des journalistes, ça nous fait bizarre car Cagnac est un petit village où tout le monde se connaît. Beaucoup de moyens sont déployés : c'est ce qu'il faut pour la retrouver. Tout le monde veut une réponse.

Vlad et Jérôme, habitants de Cagnac-les-Mines

 

Toutes ces interrogations "travaillent" les esprits des Cagnacois. Peu à peu, il semble que l'opinion de la population se divise à propos de cette affaire. Au coeur de cette division : la personnalité du mari de la disparue.

2 familles, 2 clans

D'un côté, on trouve Cédric Jubillar lui-même : début janvier il s'est constitué partie civile et a pris pour avocat le bâtonnier du barreau d'Albi, pour avoir accès au dossier d'instruction comme la loi le lui permet. Il a le soutien de certain.e.s voisin.e.s de son lotissement, et bien entendu de sa famille.

Ses proches auraient d'ailleurs lancé, il y a quelques jours, une cagnotte sur le site internet spécialisé "Cotizup" pour le soutenir financièrement : il semble que la crise du Coronavirus et les conséquences du confinement aient impacté son activité d'artisan peintre-plaquiste, et que c'est essentiellement le salaire d'infirmière de son épouse qui permettait de régler les mensualités du prêt pour la construction de leur pavillon.

Non à la cagnotte pour le mari

De l'autre côté, il y a des voisins, des amis, ainsi que des membres de la famille Aussaguel - le nom de jeune fille de Delphine : 2 cousins et 3 amis proches de la jeune femme se sont également constitués partie civile, prenant pour avocat un Toulousain spécialiste autant du droit pénal que de la famille.

La famille Aussaguel a d'ailleurs demandé - et obtenu - la suppression de la cagnotte internet mise en place en faveur de Cédric Jubllar.

En effet, il est désormais de notoriété publique que la jeune femme avait déposé une demande de divorce, ce qui a pointé sur lui les projecteurs : d'ailleurs, même s'il a participé à l'enquête en certaines occasions, le mari de l'infirmière portée disparue n'aurait toujours pas été convoqué pour être entendu par les gendarmes.

 

 

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