Grève à la Verrerie Ouvrière d'Albi, l'usine est à l'arrêt, les salariés s'opposent à la suppression de 25 postes

Les fours sont à l'arrêt aujourd'hui, à l’appel de la CGT, les salariés se sont rassemblés ce matin devant la VOA pour dénoncer la suppression de 25 postes sur les 300 que compte le site. "La direction se sert du covid pour justifer la suppression de 25 postes", selon le syndicat.
 
rassemblement devant la VOA
rassemblement devant la VOA © Robin Doreau/FTV
Ce matin les 6 lignes de production de verres ne fonctionnaient pas, les fours sont à l'arrêt. La grève a été votée hier soir et selon la CGT elle est suivie par 80 % des salariés. Des salariés mobilisés, rassemblés aujourd'hui devant le site de la Verrerie Ouvrière d'Albi pour s'opposer à la suppression d'emplois.

25 postes vont être supprimés, pour la CGT "la direction s'appuie sur la crise économique engendrée par la covid -19 pour justifier cette décision".
Il s'agit de 10 postes de production et "là on touche le coeur du métier" explique Alain JeanJean, représentant syndical de la CGT, les autres postes concernent les services périphériques "mais toute l'usine est concernée, on nous parle que de productivité".

Le 3ème producteur mondial d’emballage en verre qui emploi 2500 personnes en France sur 7 sites de production a annoncé le 12 juin dernier une réorganisation des sites Français en prévoyant la possible suppression de 130 emplois. Le mouvement est national, à Albi les représentants syndicaux demandent à la direction de stopper ce plan de suppression et veulent engager des discussions sur les gains de productivité.

La production est repartie depuis le déconfinement, ils se cachent derrière le covid, il est vrai que l'on a été impacté par le covid notamment avec le marché du vin soit 5% de pertes mais tout cela était prévu depuis longtemps, c’est un vrai plan de licenciement, c'est un plan déguisé pour mieux délocaliser.

Alain JeanJean, représentant syndical CGT
 


Inquiétudes sur une éventuelle stratégie de délocalisation

La verrerie ouvrière d’Albi, créée en 1896 sous l’impulsion du député socialiste Tarnais Jean Jaurès, appartient désormais au groupe Verallia dont le principal actionnaire est, depuis 2015, le fond d’investissement américain Apollo. La VOA produit et commercialise des bouteilles en verre.

Le groupe Verallia a créé deux nouvelles usines de production de bouteilles en verre en Espagne et en Italie, les syndicats de la Verrerie d’Albi craignent :

une délocalisation accompagnée d’une réduction de la masse salariale pour le site Tarnais.

Le verrier aurait investi 33 millions d’euros de l’autre côté des Pyrénées afin d’augmenter sa capacité de production. Pour la CGT, les dirigeants du fond d’investissement "travaillent à la fermeture des capacités de production en France, ils transfèrent l’activité en Italie et en Espagne".
 

Mouvement national

La mobilisation est nationale. Aujourd’hui les personnels se sont rassemblés devant les 7 usines que compte le groupe en France. Au total 130 emplois devraient être supprimés sur les 7 sites selon la CGT dont 80 à Cognac en raison de la fermeture d’un four.
Dans un article de l’Usine nouvelle, la direction annonçait que la mise en place de ce plan de transformation comprendrait "des mesures d’accompagnement au départ sous forme de cessation anticipé d’activité et de plan de départ volontaire ". Le groupe propose aussi "un accompagnement adapté, des reclassement en interne ou des aides dans la recherche d’emplois". 
 

Le groupe Verallia communique

Aujourd'hui dans un communiqué de presse, le groupe Verallia apporte des précisions et publie ses "5 contre-vérités concernant le plan de transformation de Verallia".
Il est noté à la fin du feuillet que " la direction a l'intention de privilégier les départs volontaires grâce à un éventail de propositions qui font actuellement l'objet de négociations dans le cadre du CSE".
 

Communiqué du groupe Verralia, le 9 septembre 2020

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