Disparition d'Amandine Estrabaud : condamné à 30 ans de réclusion criminelle, Guerric Jehanno aura droit à un troisième procès

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La Cour de cassation vient de décider qu'un troisième procès se tiendrait dans le cadre de la disparition d'Amandine Estrabaud. Guerric Jehanno, principal suspect, sera donc de nouveau jugé pour le meurtre de la jeune femme, disparue dans le Tarn en 2013 et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Un troisième procès aura lieu dans le cadre de la disparition d'Amandine Estrabaud devant la cour d'assises du Tarn-et-Garonne à Montauban. Dans un arrêt, la plus haute juridiction française vient de casser la décision rendue par la cour d'Assises de Haute-Garonne le 19 novembre 2021 selon les informations de Maître Simon Cohen, avocat de Guerric Jehanno.

Les avocats du Tarnais avaient déposé un pourvoi en cassation 4 jours après la condamnation de leur client, la cour les a suivis en annulant la décision rendue précédemment. La cour de cassation ne juge les faits, mais seulement le droit. La cour a donc cassé le jugement sur des motifs de forme.

Maître Simon Cohen, l'un des avocats de Guerric Jehanno voit dans cette décision une opportunité de voir l'innocence de son client reconnue. 

Cela fait plusieurs années que nous soutenons que Guerric Jehanno est innocent. Notre conviction profonde est qu'il ne peut pas être l'auteur des faits. Personne aujourd'hui n'est en mesure d'affirmer qu'Amandine Estrabaud a été victime d'un acte criminel.

Maître Simon Cohen, avocat de Guerric Jehanno

Par deux fois condamné

Guerric Jehanno, le principal suspect dans la disparition d'Amandine Estrabaud avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle. La cour avait alors suivi les réquisitions de l'avocat général Bernard Lavigne, qui avait qualifié ce crime "d'opportunité sans préméditation". Un verdict identique à celui rendu en première instance en 2020 par la cour d'Assises du Tarn.

Pendant tout le procès, Guerric Jehanno, un ancien maçon que connaissait la disparue, n'avait eu de cesse de clamer son innocence.

Dans cette affaire, il n'y a ni aveu, ni corps. Mais dans son réquisitoire lors du procès en appel en novembre 2021, l'avocat général avait détaillé "le faisceau d'indices concordants qui forge une intime conviction".

La défense avait plaidé l'acquittement

Les avocats de Guerric Jehanno avaient plaidé l'acquittement. Au terme d'une plaidoirie marathon de 5 heures, Maître Simon Cohen et Maître Marie-Hélène Pibouleau ont tenté de démontrer que ce procès ressemblait à une erreur judiciaire. En clair, comment juger un homme coupable d'un meurtre quand il n'y a aucune preuve de la mort.