Procès de l'infanticide de Gaillac : “Je ne sais pas”

Le palais de justice d'Albi. / © Emilie Cayre/MaxPPP
Le palais de justice d'Albi. / © Emilie Cayre/MaxPPP

Vendredi 15 novembre 2019, dernier jour du procès d'Elisa Delga et Mickaël Taboulot pour violences ayant entraîné la mort du petit Amine sans intention de la donner, l'avocat du co-accusé a détaillé les zones d'ombre du dossier.

Par Marie Martin

Maître Jean-Baptiste Alary évoque les peines requises par l'avocat général, plus tôt dans la journée : "Pour envoyer deux jeunes d'une vingtaine d'années trente ans entre quatre murs, il faut être solide, il faut arriver à démontrer". 
L'avocat décrit quatre jours d'audience "éprouvants, écrasants" mais surtout, il en relève les zones d'ombre. Pourquoi les pompiers, quand ils découvrent le corps d'Amine le 17 janvier 2017, ne disent-ils pas à la gendarme appelée sur place que le corps de l'enfant est couvert de bleus ? Avec cette information, le procureur aurait pu geler la scène et interpeller les protagonistes. Ils ne le seront que dix jours plus tard.

La tablette d'Elisa Delga qu'on n'a pas réussi à débloquer ? Il aurait fallu lancer de plus fines investigations, poursuit l'avocat et "quand on se prive de ces choses, c'est difficile". 

Des témoins à la parole douteuse dont on ne cherche pas à confirmer ou infirmer les dires. Des caméras de vidéo-surveillance qu'on n'exploite pas. Cette liste amène l'avocat albigeois à conclure : "Je ne sais pas. Pourquoi on a envie de savoir ? Parce que si je sais, je n'ai plus peur de vous. Je sais que votre décision sera la bonne. Mais tout dans ce dossier est fait pour vous tromper..."

Mickaël Taboulot est souvent seul avec Amine ? Elle aussi, réplique-t-il. Et s'adressant aux jurés, il les exhorte à entendre le doute : "Si votre conviction est "Je ne sais pas", dites-le ! Ne prenez pas une décision comme une porte qui se ferme..."

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