Tarn : six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amendes requis contre le gérant du zoo des Trois Vallées

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Écrit par Marie Martin

Jugé mardi 5 juillet avec trois autres personnes pour de nombreuses infractions, telles le manquement aux règles de sécurité et la détention d'espèces animales non domestiques sans autorisation, le gérant du zoo des Trois Vallées s'est vu requérir par le substitut du procureur du tribunal de Castres une peine de six mois avec sursis et 10 000 euros d'amende. Le jugement a été mis en délibéré au 13 juillet.

Un "manquement structurel de sécurité" dans ce zoo, nécessitant un "message fort" : ce sont les mots du substitut du procureur du tribunal de Castres, Freddy Marta, à l'issue de l'audience dans laquelle comparaissait Sauveur Ferrara, gérant du zoo des Trois Vallées et trois capacitaires, pour des infractions constatées entre 2013 et 2017, telles l'exploitation irrégulière de ce type d'établissement, et la privation
de nourriture ou d'abreuvement d'animaux.

Incidents en cascade

Le parc animalier de Montredon-Labessonnié dans le Tarn, où neuf loups s'étaient échappés d'un enclos en décembre dernier, est au cœur de polémiques quasiment depuis sa création en 2013. Animaux en fuite, visiteurs blessés, salariés en danger... 

Le parquet de Castres a donc requis contre le gérant Sauveur Ferrara six mois de prison avec sursis et
10.000 euros d'amende. Concernant les capacitaires, il a demandé trois mois de prison avec sursis et
5 000 euros d'amende contre Sébastien Muller, 2 000 euros d'amende contre Alain Boucher et la relaxe pour Michael Sorensen.

L'avocate de Sauveur Ferrara, Françoise Mathe, a plaidé sa relaxe, dénonçant, en marge de l'audience, un "dossier chaotique" et des "errements" du parquet.
Elle a précisé demander "la relaxe sur toutes les infractions" considérant que les contraventions sont prescrites, que des "délits ne sont pas du tout caractérisés" ou que "la sécurité du personnel, du public et le bien être des animaux" reposent sur "la responsabilité du capacitaire et pas du gérant, qui est un investisseur, celui qui donne les moyens".

Il a investi en six ans plus de 15 millions d'euros. On ne peut pas dire qu'il n'a pas donné aux capacitaires les moyens de mettre en œuvre ce qui était nécessaire.

Françoise Mathe, avocate de Sauveur Ferrara

"Dysfonctionnements divers et variés"

A l'audience, qui s'est achevée très tard dans la soirée, étaient représentées plusieurs parties civiles, dont la famille d'une fillette blessée au zoo mais aussi la Fondation Brigitte Bardot, ainsi que les associations France Nature Environnement et Stéphane Lamart pour la défense des droits des animaux.
L'avocate de la Fondation Brigitte Bardot, Catherine Pons-Fournier, a estimé que le gérant était "complètement responsable", arguant que "la réglementation n'est absolument appliquée, les dysfonctionnements sont divers et variés, et les animaux en ont pâti".

Bruno Duquesnoy, un ancien salarié, a lui aussi témoigné. Blessé à plusieurs reprises par des animaux, il s'est dit "surpris de voir après cela, le peu de solutions qui a été amené, suite à ces accidents de travail. Par exemple, après l'accident avec l'autruche, on nous a équipé de bouclier anti-émeute : comment voulez-vous nourrir une autruche avec une seule main ?"

Si je suis là aujourd'hui, c'est surtout dans l'intérêt, la protection des salariés. On parle de la protection de l'environnement, de la protection du public, mais on oublie la protection des salariés.

Bruno Duquesnoy, ancien salarié du zoo des Trois Vallées

Le jugement a été mis en délibéré au 13 juillet. Avant cela, Sauveur Ferrara est convoqué lundi devant le tribunal administratif de Toulouse au sujet de la fermeture de ce zoo de 60 hectares.