Procès d'un militant contre l'A69 : le jeune étudiant relaxé pour les violences mais condamné pour port d'arme blanche

Jeudi 23 novembre, le tribunal de Castres (Tarn) jugeait un étudiant de 19 ans pour violences contre personnes dépositaires de l'autorité publique, rébellion et port d'arme blanche lors des manifestations contre l'A69 les 21 et 22 octobre. Il a seulement été condamné pour ce dernier chef d'accusation à 300 € d'amende avec sursis.

Un jeune homme de 19 ans a été condamné à 300 € d'amende avec sursis par le tribunal de Castres (Tarn) jeudi 23 novembre pour "port d'une arme blanche" lors du deuxième gros week-end de manifestation contre l'A69 qui s'est déroulé à Saïx (Tarn) les 21 et 22 octobre. 

Un couteau "pour se faire un sandwich au thon"

Il a été relaxé pour deux autres chefs d'accusations : violences contre personnes dépositaires de l'autorité publique (deux gendarmes en l'occurence) et rébellion (après son arrestation).

Durant l'audience, cet étudiant rennais conteste avoir jeté des pierres sur les forces de l'ordre comme cela avait été assuré par ces derniers. Tout en reconnaissant la possession du couteau, car "il venait de se faire un sandwich au thon" selon ses mots.

Le tournant des débats a lieu au moment de la projection d'une vidéo, disponible sur Youtube. Sur celle-ci, on y voit une chaîne humaine créée pour "protéger des familles qui mangeaient de l'assaut des gendarmes" (à partir de 18:50).

Décision "juste" pour l'avocate du jeune homme

Le jeune accusé est visible sur les images, sans pouvoir être clairement identifié car son visage est dissimulé par un bonnet, un cache-cou et un masque de chantier comme plusieurs autres personnes. C'est ce qui joue en sa faveur car impossible de dire s'il lance les pierres ou non. 

Le procureur de la République requiert la relax pour les violences, mais pas pour la rébellion et le port d'arme blanche et demande 35 heures de travaux d'intérêt général. Finalement, le tribunal condamne donc l'étudiant à 300 € d'amende avec sursis pour ce dernier chef d'accusation retenu. 

À la sortie, le jeune homme trouve cette décision "légitime". "Je me sens soulagé, c'est le moins que l'on puisse dire. Je pensais vraiment à ce qu'ils se servent de moi comme un exemple. Cela montre que la justice a bien fait son travail." Son avocate Claire Dujardin le rejoint, qualifiant la décision de "juste". Elle se dit "satisfaite d'avoir pu apporter une vidéo et des éléments pour une relax pour les violences et la rébellion". 

Une trentaine de personnes étaient présentes en signe de soutien au jeune étudiant. Ils devraient être encore nombreux lors des 15 procès prévus jusqu'en mars 2024, qui impliquent des militants arrêtés pendant les manifestations contre l'A69. 

(avec Auriane Duffaud)