Tarn : un apprenti boulanger guinéen de Castres menacé d'expulsion par la préfecture

Le Guinéen Sékou Camara travaille dans une boulangerie de Castres depuis son arrivée en France en 2019. Aujourd'hui majeur, la préfecture du Tarn menace d'expulser l'apprenti boulanger à cause de soupçons de papiers falsifiés.

Depuis 6 mois, Sékou Camara n'a plus le droit de faire son métier de boulanger, à Castres, dans le Tarn. Le jeune Guinéen est arrivé en France à 16 ans, en 2019. Rapidement, il suit une formation de boulanger au Centre de formation des apprentis (CFA) de Cunac et rejoint l'équipe de la boulangerie Didier.

C’est ici que j’ai découvert le métier de boulanger et ça m’a plu. Moi aussi, j’ai besoin de travail, je me suis intégré ici, je vais à l’école, j’ai eu mon CAP.

Sékou Camara

Le Guinéen fait vite l'unanimité parmi ses collègues, mais après deux ans de bons et loyaux services, une nouvelle va bouleverser le monde de l'apprenti. Une fois majeur, la préfecture du Tarn lui envoie une obligation de quitter le territoire français (OQTF). L'institution soupçonne en effet Sékou Camara d'avoir fourni un faux acte de naissance.

Soutien et mobilisation pour Sékou

Si la préfecture ne fait que respecter les procédures et le cadre légal, c'est un coup dur pour le boulanger et tous ses collègues, qui ne cessent de valoriser le sérieux de Sékou Camara au travail.

Tous les jours, il est venu par pluie ou par vent en vélo à 4-5 heures du matin, il a travaillé plus que beaucoup d’autres, il se bouge. Et c’est lui qui doit partir, ça je trouve pas ça normal.

Quentin Avizou, boulanger

Depuis la saisie de ses papiers en janvier, Sékou Camara n'a donc plus le droit de travailler. Il est même assigné à résidence, en attente de la décision finale que prendra la justice à son sujet. Une situation difficile à vivre pour ce jeune homme, qui ne demande qu'à continuer de travailler dans l'entreprise qui l'a accueilli et qui l'a formé.

La France que j’ai tant aimé me remercie comme ça, c’est très dur parce que moi j’espère rester en France et avoir une vie normale comme les autres.

Sékou Camara

Le combat continue pour Sékou Camara et ses collègues. Après deux défaites au tribunal, le jeune boulanger espère bien pouvoir obtenir un titre de séjour pour continuer d'exercer le métier de ses rêves, grâce aux soutiens de ses collègues et à la mobilisation de ses proches.

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