TGV Montpellier-Perpignan : l'autorité environnementale rend son avis sur la future ligne de trains à grande vitesse

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Écrit par Alexandre Grellier
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illustration © SEBASTIEN BOZON / AFP

A l'horizon 2040, une ligne à grande vitesse devrait relier Montpellier à Perpignan, en passant par Béziers et Narbonne. L'autorité environnementale vient de rendre son avis concernant les futurs grands travaux et leurs impacts. 150 kilomètres de voies ferrées devront être créées sur 3 départements.

C'est une étape de plus dans un dossier en forme de serpent de mer... Car le projet de Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP) est ancien, il date à l'origine de 1995. Relancé en 2006, la LNMP est destinée à relier plusieurs voies existantes ou encore à l'étude : la ligne à Grande Vitesse Méditerranée (mise en service en 2001), la ligne nouvelle Figueras-Perpignan, (2009), le contournement Nîmes-Montpellier (2017), ainsi que les futures lignes Provence-Côte d'Azur et Bordeaux-Toulouse.

Création de deux gares

Le projet prévoit la création de deux gares, une à Narbonne, l'autre à Villeneuve-lès-Béziers. Il vise à "répondre durablement à la demande croissante de mobilité et aux problèmes de congestion à moyen terme sur l'axe ferroviaire unique du Languedoc-Roussillon", d'après le maître d'ouvrage, SNCF Réseaux.

150 kilomètres de ligne ferroviaire à double voie devront être créés, dont 86 kms dédiés exclusivement aux voyageurs entre Béziers et Perpignan et 54 kms de ligne nouvelle mixte, voyageurs et fret, entre Montpellier et Béziers. La SNCF évoque un gain de temps de 39 minutes sur les trajets entre Perpignan et Montpellier qui durent 2 heures actuellement.

Deux phases distinctes

Un projet dont le coût total est estimé à 6,12 milliards d'euros hors taxes et qui comportera deux phases distinctes de chantier.

  • Première phase : Béziers-Montpellier, les travaux devraient commencer en 2029, pour une mise en service en 2034. Avec un budget de 2,040 milliards d'euros.
  • Deuxième phase : Béziers-Perpignan, mise en service prévue à l'horizon 2045.

Seule la première phase du projet a fait l'objet d'une évaluation par l'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable. C'est un avis, non contraignant, qui est malgré tout indipsensable pour tous les projets de grande ampleur, risquant d'avoir des conséquences sur l'environnement. Et surtout obligatoire avant l'enquête publique, qui devrait commencer à l'automne 2021.

L'avis de l'Autorité environnementale sur la Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan

L'avis de l'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable "porte sur la qualité de l'étude d'impact, présentée par le maître d'ouvrage et sur la prise en compte de l'environnement par le projet. Il vise à permettre d'améliorer sa conception, ainsi que l'information du public et sa participation à l'élaboration des décisions qui s'y rapportent. L'avis ne lui est ni favorable, ni défavorable et ne porte pas son opportunité.".

De nombreuses recommandations

L'avis contient plusieurs recommandations au maître d'ouvrage. L'Autorité environnementale regrette notamment le manque de prise en compte d'un aspect essentiel de cette première phase : parallèlement à la construction de la nouvelle ligne, il est prévu de conforter les voies existantes. D'après l'Autorité environnementale,"le dossier ne caractérise pas les évolutions que nécessite le confortement de la ligne actuelle ni leurs incidences environnementales. Dès lors que la nouvelle ligne est supposée s'inscrire en complémentarité de la ligne classique, ce confortement est indissociable de l'atteinte des objectifs du projet : la ligne actuelle est destinée à desservir les centres-villes, accueillir les services infrarégionaux et le fret alors qu'elle reste vulnérable aux perturbations météorologiques.".

Réduire la vulnérabilité de la ligne aux intempéries et plus largement celle du territoire au changement climatique.

Extrait de l'avis de l'Autorité environnementale sur la LNMP

Des préoccupations climatiques qui reviennent souvent dans cet avis : "l'autorité environnementale recommande à l'Etat de piloter la mise en place de mesures mutualisées ou coordonnées de réduction de la fragmentation générée par l'A9, le Contournement Nîmes-Montpellier et la Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan afin d'en limiter les incidences environnementales et notamment de réduire la vulnérabilité de la ligne aux intempéries et plus largement celle du territoire au changement climatique."
En clair, la commission s'inquiète des effets cumulés de la construction récente de ces équipements : autant de surfaces qui n'absorberont plus les précipitations comme avant, pouvant ainsi augmenter la vulnérabilité du territoire aux intempéries.

Une autorité qui souhaite que le projet de LNMP s'appuie "sur un retour d'expérience de la réalisation de lignes et gares nouvelles", mais aussi qu'il mette en place "un dispositif de suivi de la qualité des eaux au niveau des ouvrages réalisés." Plus généralement, la commission recommande "d'améliorer l'adéquation du dispositif de suivi à la sensibilité des enjeux".

Ouverture de l'enquête publique à l'automne 2021

Des enjeux nombreux que l'autorité environnementale a identifié et listé : "les risques d'affaissement liés à l'instabilité des sols et sous-sols; le risque d'inondation et d'incendie; la biodiversité, notamment les habitats et espèces protégées, les continuités écologiques et les zones humides; la qualité des eaux superficielles et souterraines; les nuisances (bruits et vibrations) et leurs conséquences; le patrimoine bâti et paysager, notamment protégé; les émissions de gaz à effet de serre et la vulnérabilité au changement climatique."

Prochaine étape pour le projet Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan, l'ouverture de l'enquête publique, annoncée pour cet automne 2021.

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