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Victorino Martín : les sorciers meurent aussi

Une allure de paysan, mais le regard planté droit dans l'objectif du photographe : Victorino Martín était un éleveur ce catégorie et un "communicant" exceptionnel. / © ABC
Une allure de paysan, mais le regard planté droit dans l'objectif du photographe : Victorino Martín était un éleveur ce catégorie et un "communicant" exceptionnel. / © ABC

Victorino Martín, le "sorcier de Galapagar", le roi des éleveurs, l'as de la communication taurine est mort ce mardi 3 octobre à l'âge de 88 ans. Il a "sauvé" une race de toros promise à la disparition et créé un élevage différent de tous les autres.

Par Joël Jacobi

Les toros de Victorino constituent une sorte de point de repère dans la carrière d'un très grand nombre de toreros à commencer par ceux qui étaient à l'affiche de la corrida du siècle, le 1er juin 1982 à Madrid. 
Pour nombre de "modestes", affronter avec succès les Victorinos est un marchepied vers une carrière plus reconnue (et mieux rétribuée). De Ruiz Miguel à Rafaelillo en passant par Stéphane Fernández Meca, Manuel Escribano et tant d'autres, les Victorinos - qu'ils soient des partenaires nobles ou  des alimañas (de la vermine dont il s'agit de se débarasser), francs du collier ou tobilleros (ceux là se retournent, tête en bas, et vous cherchent les chevilles) - ont fait la carrière de bon nombre de toreros.

Pour les vedettes consacrées, accepter de voir son nom imprimé sur l'affiche au-dessous de celui de Victorino Martín est considéré comme un "geste" d'autant plus glorieux qu'il n'est pas indispensable à leur curriculum. Capea, Ponce, Morante, Castella et dernièrement Juan Bautista (3 oreilles à Logroño!) se sont fait un point d'honneur de toréer des toros de Victorino.

Treize toreros ont relevé le défi d'afronter seul six toros de Victorino. Les 12 premiers ont coupé au moins une oreille. 
À  Madrid : Andrés Vázquez, Francisco Ruiz Miguel, Niño de la Capea, Roberto Domínguez, Manuel Caballero. En province ou en France : Juan Mora, Enrique Ponce, El Tato, Fernández Meca, El Cid, José Luis Moreno et Antonio Ferrera. Seul le treizième et dernier (pour l'instant) de la liste n'y est pas parvenu. C'est Alejandro Talavante.

À la fin du siècle dernier, nous étions allés rendre visite à Victorino.
Voici le reportage tel qu'il a été diffusé dans le numéro 11 de Tace au toril , au printemps 1998…


 

Face au Toril n° 114 (avril 1998)

 

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