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Jean-Luc Mélenchon au gouvernement : “ Arrêtez ! Vous allez asphyxier les gens”

© Jean-Pierre Clatot/AFP Photos
© Jean-Pierre Clatot/AFP Photos

Invité de Samedi Politique sur France 3 Paris, Jean-Luc Mélenchon a précisé le sens de la marche pour une révolution fiscale qu'il organise à paris. Il met en garde Anne Hidalgo de ne pas utiliser le sigle Front de gauche pour les élections à Paris, même si elle est alliée avec les communistes.

Par Daic Audouit

Un Jean-Luc Mélenchon souriant. Sa colère, maîtrisée, il la réserve au parti socialiste plutôt qu'aux journalistes.

"Je ne suis pas anti-impôt"

Changement de cap et d'image ? Ou volonté de ne pas en rajouter dans le climat politique actuel ? "Moi j'ai le sentiment qu'on est en 1788. Il y a une catégorie sociale qui porte tous les efforts sur son dos et qui n'en peut plus et à qui on répond par de bonnes paroles et de mauvais traitements", juge Jean-Luc Mélenchon en préambule.

Une souffrance dans laquelle il englobe classes populaires et classes moyennes. "C'est vrai que dans le passé, les classes moyennes pouvaient se dire les autres n'avaient qu'à bien travailler à l'école ou n'avaient qu'à faire les mêmes efforts et elle réalise tout d'un coup que tout le monde est dans le même sac.Ca donne des explosions de rage violente ", poursuit l'ancien sénateur de l'Essonne.

Mais c'est à une marche pacifique pour une révolution fiscale et contre une hausse de la TVA qu'il donne rendez-vous à Paris le 1er décembre et aussi à cette classe moyenne. "Je propose que ce soit devant Bercy, parce que Bercy c'est le portique du Medef. L'architecture du bâtiment ressemble à un portique", explique Jean-Luc Mélenchon.

Fait-il de la récupération en surfant sur le sentiment d'un ras-le bol fiscal ? "Je n'aime pas ce mot de ras le bol fiscal, parce que il est extrêmement ambigü. Mais bien sûr que c'est dans l'actualité et que mes compatriotes ont pris conscience des problèmes. Je propose une solution politique par le haut. Nous n'allons pas laisser les gens maugréer dans leur coin", répond le député européen.

Mais, dit-il qu'il y a trop d'impôts en France ? "Comme 90% des Français, je pense que l'impôt est nécessaire et qu'il faut qu'on s'y mette tous. Mais il faut un impôt juste. Je dis au gouvernement qu'on n'en peut plus. Arrêtez, vous aller asphyxier les gens. Le 1er décembre, il s'agit de protester contre cette manie de taxer. Ce n'est pas être anti impôts. C'est être pour un impôt juste", poursuit-il.

Quels enjeux pour les municipales en Ile-de-France ?

Aux municipales en Ile de France, le Front de Gauche se présente sous diverses alliances stratégiques. Pour la plupart des cas, en liste commune avec le PC contre un candidat socialiste, quelquefois en commun avec des membres d'EELV, quelquefois contre des listes EELV, et à Paris ou dans d'autres villes, contre le parti communiste allié avec le PS.

Bref, difficile d'avoir une lecture globale du scrutin, alors que Jean-Luc Mélenchon répète que ces élections municipales sont une élection politique nationale. "C'est à la fois local et national. C'est toute l'ambiguité de ce scrutin. Il y a toujours une coefficient personnel, à savoir si le maire est bien vu ou pas par la population, mais incontestablement il y a une lecture nationale", prévient l'ancien adjoint de Massy.

"Nous sommes une gauche différente. Nous ne sommes pas le PS, nous ne sommes pas François Hollande, nous ne sommes pas HIdalgollande", martèle Jean-Luc Mélenchon.

Quelles consignes donnera-t-il pour le second tour, même si cela "va se discuter localement" ?

"Pour le deuxième tour, les socialistes se disent, on va les prendre à la gorge et on va leur dire on veut pas de vous. Voilà comment ils procèdent.... Nous demandons à être représentés. Les voix qui se sont portés sur nous, nous n'accepterons pas qu'elles se transforment en voix socialistes parce qu'on leur abandonnerait tout ou rien ou bien qu'elles n'existeraient plus. Nous demanderons la calculette et la fusion démocratique", commente Jean-Luc Mélenchon, geste à l'appui.

"Notre difficulté dans ces élections municipales, c'est de lutter contre deux fronts. La droite et l'extrême-droite tout d'abord. Et puis le sectarisme des socialistes ensuite", continue-t-il. Ce qui ne l'avait pas empêché plus tôt de qualifier ainsi la présidence de François Hollande. "Même moi, je n'en reviens pas. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi droitier, aussi vite. Vous vous rendez compte ? Il n' y a même pas deux ans de mla présidence de François Hollande, et on a l'impression qu'il est là depuis 10 ans. On n'en peut plus de le voir et de ce qu'il raconte", déclare-t-il.

Qui aura l'étiquette Front de Gauche à Paris ?

A Paris, le Front de Gauche sera divisé, les militants communistes ayant voté à 57% pour une alliance avec le PS, conformément aux consignes de la direction. A la mi-octobre, Jean-Luc Mélenchon s'estimait trahi. A-t-il pris un peu de recul depuis ? "Je ne vais pas vous dire que c'est la grande forme à Paris. Paris, toute la France regarde, on doit être exemplaire. Tu parles d'un exemple.... Les socialistes n'avaient qu'un objectif : diviser le Front de gauche et ils y sont arrivés", estime-t-il.

La question se pose alors de qui aura l'étiquette Front de gauche sur les affiches électorales. Ian Brossat (et donc Anne Hidalgo), Danielle Simonnet (la candidate du parti de Gauche à Paris) ou personne ? "Je préviens Madame Hidalgo que l'utilisation du sigle Front de Gauche pour elle sera un délit. Le sigle est déposé à la propriété intellectuelle et je me ferais respecter de gré ou de force", menace le co-président du Front de Gauche.

Mais au Conseil de Paris, les deux élus du Parti de Gauche et les huit élus du PC siègent dans le même groupe présidé par Ian Brossat, qui est devenu le porte-parole d'Anne Hidalgo. "Ca fait partie des contardictions qu'il va falloir se trimballer jusqu'au mois de mars prochain. Ian Brossat est un excellent garçon, un peu trop docile à mon avis, car je connais sa conviction personnelle. Il était d'accord avec moi mais il suit la ligne", poursuit Jean-Luc Mélenchon.

Reste que le score de Danielle Simonnet à Paris, en cas de déception, sera analysé sous l'angle Mélenchon seul ne représente que tant.  "Ce n'est pas Mélenchon qui est candidat à Paris. Quand on gagne c'est grâce aux autres, et quand vous perdez c'est à cause de vous. Et bien voilà, j'ai de belles épaules, je peux prendre cela. Si on perd, ce sera de ma faute", assure-t-il, grand seigneur.

Jean-Luc Mélenchon est également revenu sur sa déclaration de cette semaine où il estimait que les joueurs de foot ne payant pas leurs impôts en France ne devaient pas porter le maillot de l'équipe de France.

"Si je parle football, c'est pour attirer l'attention sur un problème qui est plus large. Ceux qui sont à l'étranger et qui ne payent pas leurs impôts en France ne devraient pas àvoir le droit d'être dans les conseils d'administrations en France par exemple. Les footballeurs peuvent parfaitement être résidents fiscaux en France. Il est à la portée de n'importe qui de demeurer fidèle à sa patrie, même de manière symbolique", conclue-t-il.

Et de patrie, il sera question lors de sa célébration du 11 novembre à Barbaste. "C'est un discours qui me tient à coeur", confie-t-il en quittant les locaux de France 3 Paris, chapeau sur la tête et sourire aux lèvres.

>> Retrouvez l'intégralité de l'émission ci-dessous

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Samedi Politique
L'invité de la semaine : Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)













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