Chiens en laisse, rester sur les chemins… Les bonnes pratiques en forêt pour le déconfinement

Alors qu’il est désormais possible de retourner se promener, l’Office nationale des forêts donne quelques conseils simples pour assurer la distanciation sociale, mais aussi respecter la faune après près de huit semaines sans présence humaine.
Un cervidé dans la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines (illustration).
Un cervidé dans la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines (illustration). © Joël SAGET / AFP
Depuis lundi 11 mai et le début du déconfinement, il est de nouveau possible d'accéder aux forêts franciliennes. Moins de collisions routières, chute de la pollution sonore... Sans pour autant "reprendre leurs droits", de nombreux animaux sauvages ont bénéficié par certains aspects du confinement. Et ce, même s’il faut tout de même noter que la chasse s’est poursuivie et que certaines règles environnementales ont été assouplies pour faciliter la reprise de l’économie, notamment du côté des agriculteurs. Mais avant de retourner s’y balader ou y courir, l’Office nationale des forêts – inquiète pour la faune qui a vécu avec moins de présence humaine qu’en temps normal, pendant près de huit semaines – donne quelques conseils simples à respecter. "Ce sont des consignes qu’on donne à tous les printemps, explique Pierre-Edouard Guillain, directeur de l’agence territoriale Île-de-France Est de l’Office. Il y a un petit plus ceci dit, en raison des risques sanitaires, mais aussi du fait - par exemple - que certains mammifères se sont aventurés sur des zones qu’ils craignaient auparavant, avec notamment des activités de randonnée."

Bien préparer sa sortie en forêt, pour éviter les regroupements

Une forte fréquentation des forêts est attendue en Île-de-France ces prochaines semaines, surtout si la météo est clémente. Afin d’assurer au mieux la distanciation physique, l’ONF conseille – surtout au public novice – de bien préparer ses sorties et d’éviter les forêts les plus emblématiques. "C’est le cas à Fontainebleau, détaille Pierre-Edouard Guillain. Les gens ont souvent tendance à rester à proximité de leur voiture et se répartissent peu, alors que le massif est vaste. Parmi les endroits les plus fréquentés d’habitude, on peut citer le Rocher Canon, les Gorges de Franchard ou encore les sables du Cul de Chien. Il vaut mieux se munir d’une carte, et changer de lieu si on tombe sur un parking déjà plein."

Rester vigilant au volant

Alors que certains n’ont pas repris la route pendant plusieurs semaines, l’ONF demande de redoubler d'attention. "C’est une règle habituelle, rappelle le directeur d'agence. Le confinement peut avoir joué un rôle sur les déplacements de certains animaux. Il faut toujours rester vigilant si un cerf ou un chevreuil débouche sur une route, pour éviter un accident."

Tenir son chien en laisse et rester sur les chemins

La réouverture des forêts coïncide avec les périodes de reproduction. Le retour du public pourrait ainsi provoquer des dégâts, comme l’explique Pierre-Edouard Guillain : "Parmi les animaux vulnérables, il y a par exemple l'Engoulevent d'Europe. C’est une espèce de petits oiseaux qui nichent au sol. Un piétinement ou un chien lâché peut provoquer du dégât. Il y a aussi le cas des chevreuils, qui aménagent pour les petits des cuvettes au niveau de la terre, cachées par des feuilles. S’ils sont dérangés, leur survie est impactée." L’ONF appelle ainsi à bien garder son chien en laisse, et à rester sur les chemins et les zones balisées." A noter également que le camping est strictement interdit, comme le rappelle Pierre-Edouard Guillain : "C’est une règle générale, car ça peut être une source de feu. A Fontainebleau, on compte une quarantaine de départs de feu par an. Pour contrôler, il y a des patrouilles de nuit, mais aussi de jour." Autres bons réflexes : n’allumer ni feu ni barbecue, remporter ses déchets, laisser le bois mort au sol, modérer sa cueillette de fleurs ou de champignons, et respecter la signalisation.

Pour les grimpeurs, l’ONF conseille enfin de se rapprocher par exemple du Comité de défense des sites et rochers d'escalade (Cosiroc), pour des recommandations spécifiques. Peu importe la pratique, dans le contexte de crise sanitaire, les groupes ne doivent en tout cas pas dépasser 10 personnes, et le respect des gestes barrière reste bien entendu toujours demandé.
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