Des enseignants manifestent à Paris pour obtenir des avancées sur leurs conditions de travail

Un enseignant dans sa classe (image d'illustration) / © IP3Press/MaxPPP
Un enseignant dans sa classe (image d'illustration) / © IP3Press/MaxPPP

"Nécessité d'une médecine du travail, diminution des effectifs par classe" : environ 200 enseignants se sont rassemblés mercredi devant la direction générale des ressources humaines de l'Education nationale à Paris pour demander des avancées "concrètes" après le suicide d'une directrice d'école.

Par France 3 IDF /EB

Ce rassemblement se tenait en parallèle d'un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail extraordinaire (CHSCT). Une réunion organisée à la demande des syndicats, et consacrée à la souffrance au travail à l'école primaire, au collège et au lycée, un mois et demi après le suicide de Christine Renon, une directrice d'école de Pantin.

La réflexion sur les directions d'école, qui était déjà engagée avant ce "drame", "doit s'accélérer", avait reconnu peu de temps après Jean-Michel Blanquer. Ce mercredi professeurs et directeurs d'école réclament un état des lieux sur la souffrance au travail dans le milieu scolaire.
L'ouverture "d'un véritable dialogue avec le ministre est plus que nécessaire. Il faut arrêter de pressuriser les enseignants avec des injonctions, des réformes, mais plutôt réduire les effectifs en classe", dénonce Marie-Hélène Plard, directrice d'école maternelle à l'île-Saint-Denis près de Paris et co-secrétaire au Snuipp-FSU."Ça fait 27 ans que je suis dans l'Education nationale et durant tout ce temps je n'ai passé qu'une fois devant un médecin du travail, c'est honteux", déplore Jean-François Cochet, directeur d'école dans le Val-d'Oise et militant au Sgen-CFDT. 
Une enquête menée par le syndicat Snes-FSU auprès de 8.000 enseignants et dévoilée mercredi indique que "seuls 18% des enseignants interrogées sont satisfaits du travail accompli à la fin de leur journée". Dans le secondaire, "73% des personnels estiment que leur travail a dégradé leur santé".
  
Par ailleurs, 93% des personnels interrogés estiment que leur charge de travail s'intensifie. Et pour 14%, cela a conduit à un arrêt de travail.  Côté paie, 94% des personnels s'estiment mal payés, et pensent que leurs salaires n'augmentent pas proportionnellement aux tâches fournies et aux compétences demandées.
 

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