Grève sur l'axe TGV Atlantique : pas de paiement des jours de grève, annonce le président de la SNCF Guillaume Pepy

Des cheminots rassemblés devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, mardi. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Des cheminots rassemblés devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, mardi. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Alors que seulement 3 TGV sur 10 circulent ce mercredi sur l'axe TGV Atlantique, la grève des agents ne faiblit pas au Technicentre de Châtillon, dans les Hauts-de-Seine. Une colère partagée dans d'autres centres de maintenance en région parisienne.

Par France 3 PIDF / AFP.

« On demande une reconnaissance de tous les efforts qu'on fournit ». En grève depuis le 21 octobre, une trentaine de salariés du Technicentre SNCF de Châtillon, dans les Hauts-de-Seine, se sont rassemblés mardi devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, pour demander à être reçus par la direction. Sans succès.

L'arrêt de travail des agents de maintenance du centre perturbe, depuis une semaine maintenant, la circulation d'une grande partie des TGV Atlantique. D’après la SNCF, le service reste très perturbé ce mercredi, avec trois TGV sur dix - comme lundi et mardi - avant une amélioration prévue jeudi, avec huit trains sur dix.
A l'origine de la grève sans préavis, lancée par 200 des quelque 700 salariés du centre de Châtillon : un projet de la direction de dénoncer un accord local, sans concertation selon les syndicats. Mais si face à la colère suscitée par son projet, la direction locale de la SNCF a vite mis sous le tapis dès le 22 octobre la suppression de 12 jours de repos qu'elle souhaitait instaurer en échange d'une compensation financière, le mouvement n'a pas faibli.

Une « grève brutale mais qui reflète un ras-le-bol »

« Ces 12 jours, c'est un jour de repos supplémentaire par mois pour des salariés qui font 40 heures par semaine, qui travaillent la nuit et les week-ends », explique Elvis Thoyer, délégué CGT, présent au rassemblement mardi, et qui déplore le « manque de respect » de la direction.

Rachid, un trentenaire venu aussi à Saint-Denis, reconnaît une « grève brutale mais qui reflète un ras-le-bol » dans l'établissement. Les grévistes réclament à la direction le paiement des jours de grève, ce qu'elle rejette, mais aussi la garantie de ne pas faire l'objet de sanctions disciplinaires en raison de leur arrêt de travail sans préavis. Ils demandent aussi une « revalorisation », c'est-à-dire une prime de 3 000 euros.
Du côté de la SNCF, Gwendoline Cazenave, directrice du TGV Atlantique, dit souhaiter que « le dialogue continue mais dans une situation où les trains roulent ». Elle dit également s’engager à « continuer à travailler sur les conditions de travail dès que le travail reprendra ».   

Le président de la SNCF Guillaume Pepy a par ailleurs annoncé mercredi matin sur Europe 1 qu’il n’y aurait pas de paiement des jours de grève : « Aucun client, aucun Français ne comprendrait que l'on paye les jours de grève ». Et de poursuivre : « On est au contact des grévistes, on parle reconnaissance du travail, travail du week-end, travail de nuit, mais il y a une revendication qu'il est impossible de satisfaire : c'est le paiement des jours de grève ».

Salaire bas, conditions de travail… « Personne ne veut entrer à la maintenance »

Ailleurs en région parisienne, aussi, « la colère est là », d’après Fabien Monteil, élu Sud-Rail au Technicentre du Landy, à Saint-Denis ; un établissement chargé de la maintenance des TGV de l'axe nord, des Eurostar et des Thalys. « Personne ne veut entrer à la maintenance, on assiste à énormément de démissions car le salaire est extrêmement bas, les conditions de travail de plus en plus dégradées et nous sommes en sous-effectifs », explique-t-il.

« Les embauches se font au Smic, moi j'ai 20 ans d'ancienneté et je touche 1 600 euros nets par mois », poursuit le syndicaliste venu aussi au rassemblement mardi. Il n'exclut pas un mouvement spontané aussi au Landy, hors du cadre légal du préavis de grève : « On fait notre boulot de délégué syndical mais si les gens ont envie de poser le sac (NdlR. Arrêter le travail), on ne va pas les retenir ».
Au Technicentre sud-est européen, également en région parisienne, Christophe Huguet déplore l'intensification du travail de nuit et « une vie de famille difficile quand on fait les 3X8 ». Son syndicat, Sud-Rail, a d’ailleurs déposé dans cet établissement une demande de concertation immédiate. Une étape obligatoire avant un éventuel préavis de grève.
 

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