Mort de Nahel : 406 personnes interpellées en Île-de-France pour cette quatrième nuit de violences urbaines

Incendies, grandes surfaces et magasins alimentaires pillés ou mairies prises pour cibles... Des violences urbaines ont eu lieu en Île-de-France pour la quatrième nuit consécutive depuis la mort de Nahel, mais avec une intensité moindre que la veille selon le ministère de l'Intérieur.

La nuit a été tendue et émaillée par de nouvelles scènes de violences dans plusieurs villes de la région, alors que le ministre de l'Intérieur avait annoncé vendredi une "mobilisation exceptionnelle" des forces de l'ordre. En France, 45 000 policiers et gendarmes ou encore le GIGN ont été déployés.

406 personnes ont été interpellées en région parisienne dans la nuit de vendredi à samedi, selon le dernier bilan communiqué à 2 heures du matin par la préfecture de police. En France, Gérald Darmanin a annoncé 994 interpellations selon un bilan provisoire.

Cocktail Molotov et jerricans d'essence

Des dizaines de fourgons de policiers ont été positionnées à l'entrée du quartier du Vieux pont à Nanterre, d'autres postés aux abords du quartier commerçant des Halles au cœur de Paris théâtre de pillages la nuit précédente, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Neuf personnes en possession d'un jerrican d'essence et de cocktails Molotov ont été interpellées à Nanterre par des policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), a indiqué sur Twitter la préfecture de police de Paris.

La BRI est également intervenue dans le quartier du Luth à Gennevilliers.

Des mairies ciblées


A Saint-Denis, un feu volontaire a sévèrement endommagé le centre administratif. "Attaquer la maison du peuple, c'est attaquer la République. "Cette nuit des vies humaines ont été mises en danger. Cet acte inqualifiable ne restera pas impuni", a tweeté le maire (PS) Mathieu Hanotin.

Dans le centre-ville de Bobigny, des tirs de mortiers sporadiques ont résonné pendant près de deux heures passé minuit derrière la mairie, barricadée, a constaté un autre journaliste de l'AFP. Un nuage irritant de gaz lacrymogène imprégnait l'atmosphère.

Dans le Val-d'Oise, la mairie de Persan et le poste de police municipale ont été brûlés et en grande partie détruits. C'est dans cette même ville qu'est mort en 2016 Adama Traoré, autre jeune homme érigé en emblème des violences policières.

La maire de L'Hay-les-Roses dans le Val-de-Marne a souhaité protéger sa mairie, comme le montrent ces images sur Twitter.

Dans le centre-ville de Neuilly-Plaisance dans le Val-de-Marne, le poste de police municipale a été partiellement incendié cette nuit vers minuit.

Des commerces alimentaires pillés


Dans le département des Yvelines, des départs d'incendies ont été recensés dans un Franprix de Mantes-la-Ville, la Poste de Chanteloup-les-Vignes et un local des Restos du Coeur à Vaux-sur-Seine. A Plaisir, 5 personnes ont été arrêtées alors qu'elles dévalisaient un magasin Darty.

En Seine-Saint-Denis, des heurts ont éclaté dans de nombreuses communes de ce département populaire, avec une "activité importante" dans les secteurs d'Aulnay-sous-Bois, Sevran et Bondy, selon une source policière. Dans cette dernière ville, des groupes de jeunes ont attaqué et pillé un grand magasin Conforama. 

En Seine-et-Marne, les pompiers luttaient encore tôt ce matin contre l'incendie d'un centre commercial de 1.500m2 à Dammarie-les-Lys, protégés par les forces de l'ordre.

A Mée-sur-Seine, le centre commercial a été ravagé par les flammes dans la nuit de jeudi à vendredi. Les élus de la communauté d'agglomérations et la CCI se sont réunis pour faire le point sur les dégâts. Deux cellules de crise sont ouvertes et des numéros d'urgence ont été mis en place pour la Seine-et Marne. Pour la Seine-et-Marne Nord : 0676267289. Pour la Seine-et-Marne Sud : 0674998473