Navettes autonomes : après Vincennes, quelles sont les prochaines expérimentations prévues ?

Depuis 2017, la RATP expérimente des petites navettes sans conducteur. Alors que les tests menés à Vincennes ont passé une nouvelle étape cette semaine, avec un parcours élargi, d’autres projets sont bientôt prévus à Paris, Rémy-lès-Chevreuse, ou encore Saint-Quentin-en-Yvelines.

A Vincennes, la navette circule au contact des autres voitures.
A Vincennes, la navette circule au contact des autres voitures. © YD / France 3 PIDF

Après avoir été testée sur 500 mètres, puis sur 2,5 kilomètres, les navettes autonomes du Bois de Vincennes roulent désormais sur 6 kilomètres. Un parcours élargi vient en effet d’être inauguré mardi. Le nouveau tracé – au cœur de la circulation, sur une route ouverte – relie la Porte Jaune et la Mairie de Vincennes, en passant notamment via un carrefour très fréquenté.

Huit arrêts sont desservis au total par les minibus sans conducteur : Porte Jaune, Lac des Minimes, Tremblay, Sabotiers, Parc Floral, Fort Neuf, Château de Vincennes, et Mairie de Vincennes.

A Vincennes, la navette autonome circule depuis novembre 2017. "C’est vrai qu’au début de l’expérimentation, elle était limitée entre le château de Vincennes et le parc floral, raconte Samuel Vaccard, agent RATP. Au fur et à mesure elle s’est développée."

"La difficulté, c’est d’arriver à comprendre, interpréter, anticiper tout ce que font les autres utilisateurs de la route"

Trois navettes circulent au total : deux véhicules du fournisseur EasyMile, et un autre du conducteur Navya. Le service est accessible aux voyageurs tous les week- ends, de 14h à 17h30 dans le contexte du couvre-feu. Chaque navette peut accueillir jusqu'à quatre voyageurs en raison des mesures sanitaires (11 personnes dans un "contexte normalisé").

L'une des navettes autonomes testées à Vincennes, don l'expérimentation a débuté en novembre 2017.
L'une des navettes autonomes testées à Vincennes, don l'expérimentation a débuté en novembre 2017. © YD / France 3 PIDF

Avec une vitesse limitée à 20 km/h, les minibus roulent au contact des autres voitures. "La difficulté, c’est d’arriver à comprendre, interpréter, anticiper tout ce que font les autres utilisateurs de la route : les voitures, les piétons, les trottinettes, les vélos… Tout ça change la donne sur l’environnement dans lequel on doit circuler", indique Olivier Pairot, directeur produit EasyMile.

Depuis quatre ans, la RATP a lancé une quinzaine d’expérimentations de ces navettes autonomes et transporté près de 100 000 clients. Autant de tests qui permettent d’avancer sur la longue route de l’autonomie dans les transports publics.

Des navettes dès cet été à Paris et Rémy-lès-Chevreuse, et un bus autonome sur la ligne 393

"Il faut voir la navette autonome comme un élément supplémentaire, un nouveau mode de transports supplémentaire à ce qu’on fait d’habitude avec le RER, le métro, les bus, affirme Catherine Guillouard, la présidente du groupe RATP. Ça ne remplacera évidemment jamais le mass transport. Mais ça permet de faire le premier et le dernier kilomètre."

A l'intérieur des navettes autonomes à Vincennes, quatre voyageurs peuvent être accueillis en raison des mesures sanitaires (11 personnes dans un "contexte normalisé").
A l'intérieur des navettes autonomes à Vincennes, quatre voyageurs peuvent être accueillis en raison des mesures sanitaires (11 personnes dans un "contexte normalisé"). © YD / France 3 PIDF

D’autres expérimentations sont prévues. Dès cet été, deux navettes autonomes du Groupe Milla – d’une capacité de six places – commenceront à circuler à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), pour relier un parking du quartier Beauplan à la gare du RER B. Soit un parcours de 2 kilomètres.

Une expérimentation débutera aussi cet été du côté de la rive gauche à Paris, "en marche à blanc dans un premier temps", avec pour but de relier la Gare de Lyon, la Gare d’Austerlitz et la Gare de Bercy. Deux navettes du constructeur LocalMotors devraient circuler à terme entre la Gare d’Austerlitz et la Gare de Lyon, via le Ministère de l’Économie et des Finances, Gare de Bercy, Quai de la Gare et Cité de la Mode.

La RATP prépare par ailleurs pour cet été un autre lancement, en collaboration avec Île-de-France Mobilités : celui des tests d’un bus autonome sur la ligne 393 dans le Val-de-Marne (Sucy-Bonneuil RER / Thiais - Carrefour de la Résistance). Le tout "en présence d’un safety driver, en marche à blanc et de nuit dans un premier temps", selon la RATP, qui annonce ensuite une circulation de jour, puis "à terme" avec des voyageurs. Le véhicule, long de 12 mètres, devrait offrir 18 places assises. L’objectif est, d’après la RATP, "d’intégrer progressivement le bus autonome à une ligne classique", "une première en France". Un projet qui a pris du retard : l’expérimentation était initialement annoncée pour 2018.

D'autres navettes à Saint-Quentin-en-Yvelines, avec une expérimentation menée par IDF Mobilités et Keolis

De son côté, IDF Mobilités rappelle à France 3 Paris IDF qu'au-delà du projet mené à Vincennes avec la RATP, l'autorité organisatrice des transports franciliens s’apprête à lancer une autre expérimentation concernant des navettes autonomes, avec Keolis. Les tests, qui doivent commencer à la fin de ce mois de mars et durer deux ans, sont conçus dans le cadre d’une nouvelle ligne à Saint-Quentin-en-Yvelines.

Les expérimentations progressent, on continue à suivre l’évolution de ces technologies, pour être prêt à embrayer le jour où elles sont considérées comme sûres et matures

IDF Mobilités

Trois navettes Navya devraient circuler toutes les 8 minutes en heure de pointe sur un parcours de 1,6 km, en cohabitant avec le reste de la circulation automobile. L’objectif est de desservir la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines / Montigny-le-Bretonneux (RER C et lignes N&U) et un secteur avec plusieurs entreprises. Le service sera gratuit pour les voyageurs, dans le cadre de l’expérimentation.

"Ce qui nous intéresse avec ces expérimentations, c’est d’observer comment fonctionnent ces navettes en étant dans la circulation, précise IDF Mobilités. Le but est de compléter les transports en commun, pour la gestion du dernier kilomètre, par exemple en partant d’une gare pour rejoindre un espace où sont étalées des entreprises sur une grande zone. Les expérimentations progressent, on continue à suivre l’évolution de ces technologies, pour être prêt à embrayer le jour où elles sont considérées comme sûres et matures." IDF Mobilités précise toutefois que la perspective d’un déploiement hors tests n’est "pas pour demain".

 

 

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