Un nouveau spot contre les violences éducatives ordinaires

L'association STOP VEO-Enfance sans violences lance ce mardi une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux. Le clip est à destination des parents pour leur rappeler que les gifles, humiliations, moqueries peuvent avoir des conséquences graves sur les enfants.
 

"Les mots que je ne te dirais pas", la nouvelle campagne de l'association StopVEO Enfance Sans Violences avec Publicis Conseil
"Les mots que je ne te dirais pas", la nouvelle campagne de l'association StopVEO Enfance Sans Violences avec Publicis Conseil © Association Stop VEO-Enfance sans violences

Le spot ne dure qu’une minute. Soixante secondes qui suffisent à bousculer l’esprit. Une scène de vie ordinaire, un repas entre une mère et son enfant, qui se mue en scène de violence terriblement ordinaire. Ce mardi 26 mai l'association STOP VEO-Enfance sans violences, avec Publicis Conseil, lance la nouvelle campagne pour sensibiliser contre des violences éducatives ordinaires (VEO).
 
Les violences éducatives ce sont ces mots blessants, humiliants, tels que « tu n’y arriveras jamais », « tu ne comprends rien », « tu es un bon à rien », mais aussi ces gifles ou fessées qui sont devenus des gestes répétés dans certains foyers français et qu’il faut éradiquer martèle l’association. 

Un clip intitulé "Les mots que je ne te dirais pas"

"Trop souvent on entend encore dire qu’une petite fessée n’est pas super grave, qu’il ne s’agit que d’une petite tape. Ce n’est pas comme ça, insiste Céline Quelen, présidente fondatrice de l'association Stop VEO, Enfance sans violences. Une gifle c’est grave. Il n’y a pas de petit coup ou de petite violence".
 
Ainsi le clip, qui circule sur les réseaux sociaux, et qui sera diffusé sur les chaînes de télévision à partir de vendredi, illustre cet instant de partage et de communication perdu entre une mère et son fils. Le clip, intitulé "Les mots que je ne te dirais pas", montre deux temporalités, une présente et une imaginée, qui permettent d’évoquer qu’il est possible de ne pas recourir aux violences. La campagne souhaite amener les parents vers une prise de conscience et une parentalité fondée sur le dialogue. 
 
"Le but n’est pas de culpabiliser les parents mais de les faire réfléchir. C’est dur d’être parent, le clip le montre. Il y a les doutes, les difficultés, le stress... Il n’y a pas de manuel pour être un bon parent. Il est donc indispensable d’accompagner les adultes à l'être. Je dis souvent qu'on est parent avec l'enfant qu'on a été. On ne dresse pas un enfant, on l’éduque, on l’aime, on l’accompagne. On ne frappe pas un adulte, pourquoi le faire avec son enfant ?", interroge le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste à Romainville et coordinateur des campagnes contre les VEO depuis dix ans.

Des violences exacerbées par le confinement

Le choix de démarrer cette campagne après le déconfinement n’est pas anodin. Les 55 jours de vie en vase clos ont conduit à une explosion des violences intrafamiliales. Les violences éducatives ont également augmenté. "D’habitude on voyait les cas de violences monter durant les vacances ou pendant la période de noël, quand les enfants et les parents sont réunis, le confinement a cristallisé les maltraitances", explique présidente de l'association Stop VEO, Enfance sans violences. 

   
"Les enfants ont beaucoup ressenti le confinement. Ils ont bien senti que le stress de leur parent était accru. Il y a aussi une forme de culpabilité de leur part. Ils savent qu’ils rajoutent du travail à leur parent avec l'école à la maison. Mais la clé reste la communication. Les coups et les cris n’apportent rien", décrypte Céline Quelen. Ce constat, Hélène (le nom a été changé) l'a fait durant le confinement avec sa fille, élève en CE1 : "l'école à la maison a été une epreuve. Les devoirs, les évaluations, les lenteurs, les lacunes à rattraper... tout ça en plus du télétravail. Plus je me fâchais et moins ça avançait. J'ai réalisé qu'il fallait prendre le temps et que cette épreuve ma fille aussi la vivait".

Un lent changement des mentalités

D’après le Dr Gilles Lazimi il y a déjà eu une évolution au sein de la société, mais il faut aller plus loin. "Avant quand un enfant faisait un caprice dans un supermarché on disait aux parents qu’ils devaient tenir leur enfant et personne ne bronchait si on lui mettait une fessée. Aujourd’hui quand on met une fessée, quelqu’un vous dira attention il y a la loi". En effet une loi de juillet 2019 a renforcé la protection de l’enfant en modifiant l’article 371-1 du Code civil, en y ajoutant que « L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques et psychologiques ». Pour les associations, les textes sont cruciaux mais ils doivent être accompagnés des images, de l’écoute, du dialogue et des campagne de sensibilisation.
 
 
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