Violences envers les enfants : #Entendons leurs cris, une nouvelle campagne de sensibilisation

L’Unicef et le collectif #NousToutes lancent un cri d’alerte. Le confinement dans le huis clos familial risque d'aggraver les violences envers les enfants. Une campagne d’information et de sensibilisation débute ce mercredi sur les réseaux sociaux.

#Entendons leurs cris, une campagne de sensibilisation débute aujourd'hui sur les réseaux sociaux
#Entendons leurs cris, une campagne de sensibilisation débute aujourd'hui sur les réseaux sociaux © UNICEF France et #NousToutes
Depuis le début du confinement, le 119, la ligne téléphonique "Allô enfance en danger" n'a pas vu son nombre d'appels augmenter. Un silence inquiétant qui a poussé l'Unicef et le collectif #NousToutes a lancer une nouvelle campagne de sensibilisation : #Entendons leurs cris. « Mercredi, traditionnelle journée des enfants et traditionnelle journée de pic d’appels au 119. Mais depuis un mois les mercredis sont effroyablement silencieux », s’alarment l’Unicef et le collectif #NousToutes.

Le confinement, un facteur aggravant

Les enfants sont enfermés avec leurs bourreaux et ne peuvent plus appeler

Le confinement en famille, "l'école à la maison", le télétravail, les angoisses generées par la pandémie sont autant de facteurs aggravants. Des parents à bout, épuisés qui craquent et qui passent à l'acte. Plus d'écoles, de centres de loisirs ou de clubs sportifs pour jouer leur rôle d'intermédiaire et d'écoute voire de signalement. Pour Madeline Da Silva, membre du Collectif #NousToutes ,"les enfants sont enfermés avec leurs bourreaux et ne peuvent plus appelerA partir du moment où l'enfant n'a plus d'espaces de liberté que sont l'école, les amis, les proches, les voisins, on fait augmenter le risque de violences de manière considérable".

 « La charge éducative qui pèse sur les parents, la présence permanente des enfants, les peurs liées au chômage partiel ou au chômage, ou au contraire la difficulté de cumuler le télétravail avec les autres tâches et responsabilités, la consommation d’alcool ou stupéfiants pour tromper l’ennui ou l’angoisse, sont des facteurs inquiétants car ils sont susceptibles de rendre violents les plus fragiles et de rendre le nombre d’enfants en danger toujours plus critique », affirme Lyes Louffok, membre du Conseil National de la Protection de l'Enfance.

le 119-Allô enfance en danger plus que jamais mobilisé

Malgré le confinement, 30 écoutants du 119, des professionnels de l’enfance, restent mobilisés pour répondre aux appels et les traiter. "Nous avons réagi tout de suite après l’annonce du confinement en organisant le télétravail pour l’ensemble du pré-accueil et des écoutants. Une organisation lourde mais qui fonctionne", explique Pascal Vigneron, le directeur général du 119.

Une hausse de 20 % des appels concernant des situations d'urgences

Depuis le début du confinement, le nombre d’appels est paradoxalement stable. "Nous recevons en moyenne entre 700 et 750 appels par jour. C’est notre moyenne, comme en temps normal, nous ne constatons ni de hausse ni de baisse du nombre des appels" souligne Nora Darani, responsable de communication du GIP Enfance en Danger (GIPED) qui regroupe le 119 et de ONPE. " En revanche, nous constatons une hausse de 20 % des appels concernant des situations d'urgences" poursuit-elle.

#Entendons leurs cris

Cette campagne d'information lancée sur les réseaux sociaux comme Instagram est donc destinée aux enfants et aux adolescents. Son objectif : les informer de leurs droits et du moyen de lancer l'alerte s'ils sont victimes ou témoins de violences en appelant le 119.  "Certains jeunes enfants ne sont pas toujours conscients qu'ils sont victimes, ne mettent pas des mots sur les situations de violences qu'ils vivent, cette campagne de sensibilisation peut les y aider" estime Jodie Soret, chargée des relations de l'Unicef avec les pouvoirs publics.
 

Le 119, la ligne téléphonique "Allô enfance en danger" est un numéro gratuit et confidentiel lancé il y a 30 ans. Il a reçu en 2018 près de 269.000 appels. (737 en moyenne par jour).  Le 119 est désormais doublée d'un service de signalement par écrit sur internet des violences. "Cette nouvelle fonctionnalité a été mise en place pour permettre de "signaler plus discrètement" les violences, a expliqué dans un communiqué Adrien Taquet, le secrétaire d'Etat chargé de la Protection de l'enfance.
 
D'autres associations proposent également du soutien aux parents pendant le confinement en les écoutant et en leur prodiguant des conseils. SOS Parentalité propose des astuces "anti-pétage de plomb", des idées d’activités avec les enfants et a créé un groupe de discussions sur Facebook. La page a attiré plus de 8 500 membres depuis le début du confinement.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, chaque jour en France, 200 enfants sont victimes de violences. Parmi eux, 50 sont victimes de violences sexuelles.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus - confinement : conseils pratiques santé société violence faits divers jeunesse famille