L’accueil des demandeurs d'asile à Paris doit être amélioré, exige la justice

Le centre de réception des demandes d’asile de la préfecture de police de Paris, en novembre 2015. / © IP3 PRESS/MAXPPP
Le centre de réception des demandes d’asile de la préfecture de police de Paris, en novembre 2015. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Le tribunal administratif de Paris demande à la préfecture de police d’augmenter temporairement le nombre de guichets dédiés aux demandeurs d'asile dans la capitale.

Par France 3 PIDF / AFP

La justice demande d'améliorer l'accueil des demandeurs d'asile dans la capitale. Le tribunal administratif de Paris a enjoint mardi à la préfecture de police de porter temporairement de 81 à 100 le nombre de rendez-vous quotidiens dans les 12 guichets uniques pour demandeurs d'asile (GUDA), et ce dès le 2 décembre. La juridiction exige aussi que l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) reprenne ses négociations avec l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), le gendarme des télécoms. Objectif : assurer la gratuité des appels vers la plateforme téléphonique de l’Ofii, cette étape étant obligatoire en Île-de-France avant d’obtenir un premier rendez-vous préparatoire.
La décision fait suite à une saisine en urgence du tribunal de Paris par 23 demandeurs d'asile et une douzaine d'associations, qui ne parvenaient pas à contacter la plateforme téléphonique. Le tribunal administratif demande ainsi à la Préfecture de police d'enregistrer leurs demandes d'asile sous dix jours. Aujourd'hui, les GUDA de région parisienne reçoivent chaque jour 255 personnes, dont 81 dans les 12 guichets de la capitale ; soit un nombre « insuffisant » d’après le tribunal.

"Une atteinte manifestement grave et illégale au droit de demander l'asile"

Soulignant que le « nombre de demandes d'asile en région parisienne, qui représentent près de la moitié des demandes d'asile sur l'ensemble du territoire, est en croissance constante », la décision explique que « la situation actuellement constatée à Paris ne peut que se dégrader en l'absence d'une augmentation des capacités d'accueil des GUDA ». Une situation qui constitue « une atteinte manifestement grave et illégale (...) au droit de demander l'asile », d’après la justice.
Délais d'attente, appels répétés nécessaires… L'accès difficile à la plateforme téléphonique représente par ailleurs « un coût particulièrement élevé qui constitue un obstacle réel et très sérieux à l'accès au dispositif d'enregistrement des demandes d'asile et porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile », toujours selon le tribunal. La justice demande ainsi que soit mise en place une « gratuité effective » des appels vers sa plateforme téléphonique.

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