CARTE. Inflation : voilà pourquoi les prix sont plus élevés en Île-de-France qu'ailleurs

L'inflation atteint des records dans certains départements franciliens, comme à Paris ou dans les Hauts-de-Seine. Des augmentations de prix significatives qui s'expliquent pour deux raisons principales. Votre département est-il plus ou moins cher que la moyenne nationale ? Retrouvez notre carte.

Bingo ! Parmi les cinq départements français où l'inflation est la plus forte, quatre d'entre eux se trouvent en Île-de-France. Paris est en tête, suivie sur le podium des Hauts-de-Seine en deuxième position et du Val-de-Marne à la troisième place. La Seine-Saint-Denis est le cinquième département où l'inflation se fait la plus durement sentir. Les Yvelines sont à la huitième place, suivie par le Val-d'Oise à la 14e position, l'Essonne en 16e et la Seine-et-Marne en 21e.  

Source : NielsenIQ et Franceinfo / Crédit : Lucie Lagoutte

C'est en tout cas ce que révèle la dernière carte de l'indice des prix à la consommation établie par Franceinfo en partenariat avec NielsenIQ sur la période de mars 2023. Une hausse calculée sur un exhaustif de produits de consommation, appliquée par la suite sur le panier moyen Franceinfo composé de 37 produits du quotidien.

Des prix 20% plus élevés à Paris

Avec des prix 20% plus élevés que la moyenne nationale, Paris est donc le département où la vie est la plus chère de France. Et cela pour deux raisons principales, la première étant liée à la structure et à la composition des enseignes. "A Paris intra-muros, il y a très peu d'hypermarchés alors qu'ils défendent une politique plutôt agressive en matière de prix. Au contraire, on retrouve plutôt des magasins de proximité ou des enseignes alimentaires plus haut de gamme comme Monoprix", détaille Emmanuel Cannes, expert prix et inflation chez NielsenIQ.

Le second facteur, qui explique que l'ensemble de la région soit plus durement touchée, tient cette fois aux prix de l'immobilier. La location des locaux commerciaux y est globalement plus chère que sur le reste du territoire national. D'autres facteurs comme le coût des transports et celui de l'approvisionnement sont également à prendre en compte.  

L'augmentation devrait continuer dans les prochains mois

Les derniers chiffres de l'INSEE, encore provisoires, font également état d'une augmentation conséquente des prix de l'alimentation sur le dernier mois de mars 2023, avec +15,8% sur un an à l'échelle nationale.

Certains rayons sont plus touchés que d'autres. C'est le cas des produits frais avec +16% d'augmentation en un an, des huiles (+22%) ou encore des produits issus de la filière papier comme les essuietouts (+24%). La palme revient au sucre, avec une augmentation de 43% en un an. Retrouvez ici la liste des produits concernés. 

Emmanuel Cannes explique également que les marques de fabricants sont plus touchées par l'inflation que les marques des distributeurs. "Nous constatons une hausse records de certains produits par rapport au mois de février. Ces évolutions font suite aux négociations commerciales dures et âpres qui se sont tenues entre les industriels et les grandes surfaces. Elles sont aussi liées aux conséquences de la guerre en Ukraine, à la hausse des coûts de l'énergie et à la hausse des matières premières".

"D'ici deux mois, l'inflation va atteindre un plateau, ce qui ne veut pas dire que les prix ne continueront pas d'augmenter".

Emmanuel Cannes

Une tendance qui n'est en tout cas pas prête à s'inverser pour les Franciliens, comme l'explique l'expert inflation de NielsenIQ : "Les premières hausses significatives ont commencé en avril 2022. D'ici deux mois l'inflation va atteindre un plateau, ce qui ne veut pas dire que les prix ne continueront pas d'augmenter. Mais seulement que les prix de base auxquels nous compareront les produits seront également plus élevés. On s'attend d'ailleurs à une hausse estimée à 0,7% pour le mois d'avril"

Quant aux Franciliens, ils continueront de faire partie des Français les plus impactés : "Les départements les plus chers ont souvent une inflation supérieure aux autres avec une hausse des prix encore plus significatives", conclut Emmanuel Cannes.