Gaspillage : des magasins Franprix et Carrefour visés par une plainte pour avoir jeté des aliments consommables

Carrefour explique avoir fait don de « 93 millions d'équivalents repas » en 2018, et Franprix met en avant une application anti-gaspillage (illustration). / © MAXPPP/CAROLINE BLUMBERG/MAXPPP
Carrefour explique avoir fait don de « 93 millions d'équivalents repas » en 2018, et Franprix met en avant une application anti-gaspillage (illustration). / © MAXPPP/CAROLINE BLUMBERG/MAXPPP

Après une opération coup de poing menée devant deux magasins parisiens, et la découverte de 50 kg de restes de nourriture encore bonne à la consommation dans les poubelles, un élu francilien a annoncé qu’il porterait plainte. Carrefour et Franprix, de leur côté, se défendent.

Par France 3 Paris IDF / AFP.

L’opération coup de poing s’est déroulée mardi, devant un Franprix et un Carrefour Bio du 10e arrondissement de Paris. Arash Derambarsh, conseiller municipal de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, a fait constater par huissier le contenu des poubelles des deux établissements, où 50 kg de restes de nourriture encore bonne à la consommation ont été retrouvés.
« Pourquoi on jette de la nourriture à la poubelle, de la nourriture qui est consommable ? », a expliqué au cours de l’action Christian, un SDF. Avec ce qu'il avait ainsi pu récupérer, il a affirmé qu’il aurait pu se faire « une petite salade en entrée, avec des crevettes, et un yaourt en dessert ».

Une plainte pour non-respect de la loi anti-gaspillage alimentaire

De son côté, Arash Derambarsh a annoncé qu’il porterait plainte au Tribunal de Grande Instance de Paris pour non-respect de la loi anti-gaspillage alimentaire, en vigueur depuis février 2016. « La grande distribution doit appliquer la loi : toutes les enseignes qui le feront seront nos alliées, toutes celles qui refuseront de le faire seront nos adversaires et nous les ferons plier », a lancé l'élu francilien, par ailleurs avocat.
Interpellé sur Twitter par Arash Derambarsh, qui précise avoir fait établir « 50 constats d’huissier » et n’avoir jamais eu de réponse à ses sollicitations de la part du groupe, Carrefour d’abord évoqué « des erreurs ». Interrogé par l'AFP, son directeur du développement durable, Bertrand Swiderski, a par ailleurs expliqué que chaque année le distributeur faisait don de plusieurs tonnes de denrées alimentaires aux associations, conformément à la loi : « En 2018, ces dons ont ainsi représenté en France 93 millions d'équivalents repas ».

De nombreux aliments jetés car « impropres à la consommation » selon Carrefour

Il a aussi précisé qu’il existait « trois types d'aliments qu'on ne peut pas donner car impropres à la consommation : ce qui est tombé par terre, ce qui est à base d'œufs et enfin ce qu'on appelle des "montées de températures" », c'est-à-dire quand par exemple un client repose dans le magasin un produit qu'il ne veut finalement plus acheter. C'est le cas par exemple des crevettes, victimes de la rupture de la chaîne du froid, et des viennoiseries : « des indélicatesses clients, c'est-à-dire des gens qui mangent un croissant dans un sachet de six et le reposent », comme le détaille Bertrand Swiderski.
Carrefour a d'ailleurs annoncé mercredi que, étant donné que « les dates de durabilité minimale (DDM), ou dates conseillées, sont la cause de 20 % du gaspillage alimentaire des foyers en raison de leur mauvaise compréhension », l’enseigne proposera aux consommateurs en 2020 des produits à date dépassée, vendus à prix réduits, pour limiter le gaspillage. Franprix, qui appartient au groupe Casino, se défend de son côté en rappelant le lancement d’une application, « Phénix », via laquelle ses clients peuvent acheter à bas prix des invendus alimentaires. L’appli aurait permis de « sauver » 30 tonnes de produits.
 

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