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Gay Games : les sirènes subversives de la natation synchronisée

Ces nageuses luttent pour l'intégration des lesbiennes dans le sport avec la joie de vivre comme arme. / © Madison Mouquet / France 3
Ces nageuses luttent pour l'intégration des lesbiennes dans le sport avec la joie de vivre comme arme. / © Madison Mouquet / France 3

5 militantes de la cause lesbienne et de la défense de toutes les minorités aux Etats-Unis depuis 10 mois ont repris leur bonnet de bain à plus de 40 ans pour-avec joie- affirmer leur colère dans l'Amérique de Donald Trump.  Elles sont en passe de libérer la natation synchronisée.

Par Xavier Collombier

Elles assument tout. Leurs formes, leur poids, leur militantisme lesbien, leur couleur de peau, leur colère. "Les subversive Sirens" viennent du Minnessota,  un de ces états du Midwest des Etats-Unis où les touristes ne s'attardent pas sauf si ils apprécient les friches industrielles.
La joie est une arme pour changer le monde pour les Subversives Sirens / © X Collombier / France 3
La joie est une arme pour changer le monde pour les Subversives Sirens / © X Collombier / France 3

Les mentalités, au coeur de l'ancienne "rust belt"-la vielle ceinture de la sidérurgie-, ne sont pas réputées comme les plus ouvertes des états de l'Union. À la piscine, longtemps pour ces 5 copines, c'était un peu "retour pour l'enfer" avec du jugement, des regards fuyant et pas mal d'humiliation. 

la piscine et la natation doivent être vraiment pour tout le monde. Nous sommes noires, hispaniques, queer marginalisés. On veut dire au gens, hey c'est pour nous aussi. Tout ce fun. 


Les militantes rêvaient de changer le monde. Il y a un an, elle font leur révolution en sortant simplement leur bonnet de bain. L'une d'elles, après avoir vu il y a 4 ans à Cleveland avec sa copine le spectacle des Gay Games, n'a qu'une idée venir participer aux jeux olympiques de la diversité à Paris.
 


Quel sport choisir ? Première idée se préparer à la course à pied. Ça vire vite au fiasco. Après maintes réflexions et tentatives infructueuses. L'idée fait son chemin. Elles seront les Esther Williams lesbiennes dans le final du bal des sirènes aux Gay Games parisien. 
 


Nos nageuses subversives n'avaient plus pratiqué la natation synchronisée pour la plupart depuis le CM2. 


Entraînement à gogo, 3 fois par semaine, pour les copines qui avaient oublié depuis longtemps de penser à elles. Les Gay Games approchant, elles passent à l'entraînement 7 jours sur 7. 

Déterminées, elles font vite l'admiration de la communauté, de leur ville et de leur Etat. Elles bousculent les codes d'une discipline sportive corsetée dans mille et une certitudes dont la diversité ne fait pas encore vraiment partie. Les télévisions nationales font le déplacement. NBC leur consacre 5 minutes sur le web. Comme souvent aux Etats-Unis, les supporters affluent. Une vingtaine de leurs fans a ainsi traversé l'Atlantique pour soutenir les Sirènes pour leur première compétition.
 

Body positivity à tous les étages pour les Subversive Sirens / © X Collombier / France 3
Body positivity à tous les étages pour les Subversive Sirens / © X Collombier / France 3


"La colère ça va un temps. La natation synchronisée est pour nous un vrai catalyseur d'émotion. Elle nous permet d'exprimer tout un arc-en-ciel d'émotion. Et la joie,comme la colère, c'est une arme"explique la plus intello des Sirènes.

Dans le bassin Olympique de la piscine de Montreuil, la voix de Prince retentit juste après le délicat plongeon des sirènes. Hommage à L'enfant de Minneapolis  ? Que nenni ! Prince a d'abord été choisi par les filles pour son inclassable genre. 

La révolution des bassins est en marche et elle a un large sourire. "Kiss".

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