Gilets jaunes : l’ex-boxeur Christophe Dettinger demande trois millions d'euros à Leetchi

L’ancien champion, qui assigne le site en justice, n’a toujours pas reçu les 145 000 euros collectés sur sa cagnotte en ligne, bloquée après 48 heures.
Christophe Dettinger est sorti le 20 février dernier de la prison de Fleury-Mérogis.
Christophe Dettinger est sorti le 20 février dernier de la prison de Fleury-Mérogis. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Christophe Dettinger vs Leetchi, nouveau round. L’ancien boxeur professionnel, condamné à un an en semi-liberté pour violences volontaires après avoir frappé deux gendarmes mobiles le 5 janvier dernier lors d’une manifestation des gilets jaunes, réclame 3 120 768 euros à Leetchi de dommages et intérêts.

L’ex-sportif et sa femme, Karine Dettinger, ont assigné mardi la plateforme de cagnotte en ligne devant le tribunal de Paris, comme le raconte 20 minutes.

145 000 euros de dons toujours bloqués par Leetchi

D’un côté, le boxeur estime que la somme demandée correspond aux dons qu’il aurait dû gagner, si la cagnotte créée par son entourage pour le soutenir – alors que l’homme était recherché par la police – n’avait pas été fermée par le site deux jours seulement après son lancement. Et ce, alors qu’un montant de 145 000 euros (bloqué depuis par Leetchi) avait déjà été récolté.

Sans l’intervention de la plateforme, la page de dons aurait logiquement dû rester accessible pendant 45 jours. Une « perte de chance », comme le qualifie l'avocate du boxeur, Laurence Léger. D’après elle, le calcul est simple : le gilet jaune a reçu, en faisant la moyenne, 70 000 euros par jour. Ce qui aurait dû, multiplié par 45, donné plus de trois millions d’euros selon cette logique.

La cagnotte, une « incitation à la haine ou à la violence » ?

De l’autre côté, Leetchi avait à l’époque pointé des « irrégularités » et justifié sa décision en expliquant que ses conditions générales d’utilisation (CGU) interdisaient « toute incitation à la haine ou à la violence ». A noter ceci dit que Christophe Dettinger n’avait alors pas encore été jugé, ni condamné donc. Malgré la polémique et de nombreux commentaires de membres de l’exécutif comme Marlène Schiappa ou Mounir Mahjoubi, le site avait alors nié toute pression politique.

La plateforme a par ailleurs déjà saisi la justice de son côté, afin de déterminer dans quelles conditions le versement de l’argent récolté pourrait se dérouler. Reste donc maintenant à savoir si le site a, oui ou non, suivi les règles.
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