La baguette sera plus rare ce mois-ci à Paris

Depuis décembre 2014, les boulangeries de Paris et de la petite couronne peuvent prendre leurs congés d'été à la date qu'elles souhaitent. / © PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN
Depuis décembre 2014, les boulangeries de Paris et de la petite couronne peuvent prendre leurs congés d'été à la date qu'elles souhaitent. / © PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

Depuis trois ans, les boulangers de la région parisienne sont libres de prendre leurs congés quand ils le souhaitent. Résultat : beaucoup risquent de partir en août et dans certains quartiers, il faudra faire plus de chemin pour trouver son pain. 

Par Marine Lesprit

Ni pain ni brioche. Ce mois d'août, il sera sans doute plus difficile de trouver un artisan boulanger ouvert à proximité de chez soi. Depuis décembre 2014 et le vote de la loi de simplification de la vie des entreprises, les boulangeries parisiennes et banlieusardes ne sont plus contraintes par les autorités publiques sur les dates de leurs congés estivaux.

"Pratiquement tous ouverts en juillet"


Résultat : nombre d'entre elles seront fermées. "Les trois quarts des boulangers ferment en août et on se retrouve pratiquement tous ouverts au mois de juillet", résume Jean-Yves Boullier, boulanger au Moulin de la Croix Nivert, dans le XVeme arrondissement de Paris. 

Jusqu'en 2014, le préfet de Paris pouvait contraindre les artisans à prendre leurs congés en juillet. Héritage de la Révolution Française où elle représentait une tentative pour éviter les famines, cette prérogative permettait de scinder les boulangers parisiens en deux groupes, l'un partant en juillet et l'autre en août, avec roulement d'une année sur l'autre. Les contrevenants risquaient 11 à 33 € d'amende par jour ouvré. 


► VIDEO. Reportage de Bruno Lopez et Pierre-Julien Quiers.
La baguette plus rare en août à Paris

L'échec de la coordination


Théoriquement, cette mesure aurait dû être remplacée par une coordination au sein de la profession. Le Syndicat des boulangers du Grand Paris a par exemple envoyé des courriers à ses membres pour les appeler à se concerter. "Le problème, c'est que maintenant, il n'y a plus la peur du gendarme", soupire Dominique Anract, président de l'organisation.

A l'inverse, certaines boulangeries font le choix de ne pas fermer de tout l'été. La concurrence avec les supérettes, dépôts de pain et grandes surfaces fait rage, notamment sur le nombre de jours d'ouverture par semaine. Profiter des mois d'été peut être un moyen de maintenir l'activité à flots. Paris compte 1060 boulangeries, un chiffre qui a baissé de 8% en 10 ans. 


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