Il y a 40 ans, la mort de Jacques Mesrine, abattu au volant de sa BMW à Paris

La BMW criblée de balles de Jacques Mesrine, le 2 novembre 1979. / © GEORGES BENDRIHEM, MARCEL BINH, MICHEL CLEMENT, PATRICK DE NOIRMONT / AFP
La BMW criblée de balles de Jacques Mesrine, le 2 novembre 1979. / © GEORGES BENDRIHEM, MARCEL BINH, MICHEL CLEMENT, PATRICK DE NOIRMONT / AFP

Fin de cavale pour l'« ennemi public numéro 1 » : le vendredi 2 novembre 1979, meurt abattu au volant de sa voiture, porte de Clignancourt à Paris.

Par PDB / France 3 PIDF / AFP.

Une BMW de couleur gris brun métallisé criblée de balles, et un homme gisant au volant. Vendredi 2 novembre 1979, il y a 40 ans, Jacques Mesrine - alors âgé de 42 ans - vient d'être abattu par la police au niveau de la porte de Clignancourt, dans le 18e arrondissement. Sylvia Jeanjacquot, la compagne du truand, a été grièvement blessée dans la fusillade.

Alors que les policiers crient que la voiture est peut-être encore piégée, badauds et journalistes se rassemblent autour de la berline, immatriculée 83 CSG 75, où Jacques Mesrine conservait des grenades. Sur le pare-brise avant, les reporters comptent 18 impacts de balles, et trois autres sur la carrosserie.
« Il était peut-être 15h30 et la circulation était normale, témoigne Bruno, 16 ans, qui tient une guérite à sandwiches à proximité. La voiture de Mesrine était arrêtée au rond-point normalement pour tourner à gauche vers le boulevard Ney. J'ai vu une Peugeot 305 beige le doubler par la droite. »

« Mesrine n'a pas pu tirer, je l'ai vu tomber sur son volant »

Et de poursuivre : « Un homme est descendu et a tiré sur la BMW de Mesrine. Tout de suite après, j'ai vu descendre d'autres hommes par l'arrière d'un camion bleu bâché, qui se trouvait devant la voiture de Mesrine (...). Mesrine n'a pas pu tirer, je l'ai vu tomber sur son volant. »
Fin de cavale pour Jacques Mesrine : l'« ennemi public numéro 1 » était activement recherché par les hommes de « l'anti-gang » du commissaire Robert Broussard et ceux de la brigade de répression du banditisme de Lucien Aimé-Blanc, depuis son évasion 18 mois plus tôt, de la prison de la Santé. Il purgeait une peine de 20 ans de réclusion pour vol, prise d'otages et tentative d'homicide entre autres.

« Je sais très bien que ça finira mal »

Vendredi dès 19h, Maurice Bouvier, le patron de la police judiciaire qui a supervisé l'opération, organise une conférence de presse pour tenter de justifier l'embuscade tendue par les forces de l’ordre :

Nous savions que Mesrine était armé, qu'il possédait notamment deux grenades défensives et nous ne pouvions pas prendre le risque de le laisser tirer sur la foule ou sur nous, c'est pourquoi nous avons ouvert le feu les premiers.

Holdups, enlèvement, agressions, interviews dans la presse… Depuis sa dernière évasion en date, le 8 mai 1978, Jacques Mesrine avait multiplié les défis à ceux qui le recherchaient. « Je ne me rendrai pas (...) Je sais très bien que ça finira mal », assurait-t-il en juillet 1978 à Paris Match. Les policiers avaient localisé sa dernière planque, un appartement loué sous une fausse identité rue Belliard dans le 18e arrondissement, quelques jours avant de passer à l'action.

Un poids lourd de trois tonnes prévu pour barrer la route de Mesrine

Maurice Bouvier détaille : « Nous avons estimé que nous ne pouvions pas prendre le risque d'interpeller Mesrine dans son appartement, car il aurait été capable de tenter une prise d'otage (...) C'est ainsi qu'ayant appris qu'il se préparait à partir en week-end dès le début de ce vendredi après-midi, de nombreuses voitures de nos services encerclaient la Porte de Clignancourt. Notamment, un poids lourd de trois tonnes avait été prévu pour lui barrer la route. »

Une perquisition dans l'appartement de la rue Belliard, situé au troisième étage, permet dans la soirée de découvrir des armes, des munitions et un masque à gaz. Les policiers découvrent également une corde pouvant être déroulée jusqu'au rez-de-chaussée, attachée à la barre d'appui d'une fenêtre, comme pour préparer une fuite en cas d'assaut.

Le non-lieu après une plainte pour assassinat

Dix jours plus tard après la mort de Jacques Mesrine, sa famille dépose une plainte contre X pour assassinat. 25 ans d'auditions et de procédure plus tard, un non-lieu, rendu définitif en 2006, sera prononcé. La justice estime que les policiers ont fait les sommations d'usage et ont agi en état de légitime défense, lorsqu'ils ont vu Mesrine faire un geste comme pour se saisir d'une arme dans son véhicule.
La disparition de cette figure du grand banditisme, plusieurs fois incarcérée et plusieurs fois évadée, contribuera à sa légende. Le criminel sera incarné au cinéma par Vincent Cassel en 2008, dans L'Instinct de mort et L'Ennemi public nº 1 de Jean-François Richet.
 

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