L'avenue des Champs-Elysées retrouve sa fréquentation d'avant crise sanitaire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Elie Saïkali avec Frédérique Hovasse

Selon un baromètre international effectué par deux organismes, la plus belle avenue du monde a connu un doublement de sa fréquentation piétonne par rapport à l’année dernière.

Vivez le Festival Interceltique : Le Festival Interceltique de Lorient 2022

De toutes les grandes artères commerciales de sept grandes capitales du Vieux continent ayant le "mieux rebondi après la crise sanitaire", ce sont les Champs-Elysées (VIIIe arrondissement) qui occupent la première place.

C’est ce qui ressort de la deuxième édition du "Match des grandes artères commerciales européennes", une étude publiée ce mercredi par deux organismes : Mytraffic, leader européen de l’analyse de flux, et Cushman & Wakefield, un des leaders mondiaux de l’immobilier de commerce.

880 000 personnes par mois

Selon cette étude, les Champs-Elysées ont connu une augmentation de la fréquentation piétonne de 102% par rapport à l’année dernière "et de 23% par rapport à la période pré-Covid". La plus belle avenue du monde est suivie de la Leidestraat d’Amsterdam et la Via Corso de Rome, qui ont respectivement connu une augmentation de 55% et 49%. Dans le reste du classement figurent la Gran Vía de Madrid (44%), la Kurfürstendamm de Berlin (31%), Oxford Street de Londres (31%) et la rue Neuve de Bruxelles (3%).

L’étude précise également que 880 000 personnes passaient mensuellement devant une boutique des Champs-Elysées entre juin 2021 et mai 2022. A titre de comparaison, ce chiffre était de 435 000 entre mai 2020 et Juin 2021. "Les deux premiers mois de 2022 ont même un niveau de fréquentation plus élevé que ceux de 2020 avant le Covid", ajoute l’étude. De quoi éclipser le temps où les Gilets jaunes étaient de sortie tous les samedis, privant les piétons d’une promenade sur l’avenue et les commerces de leur chiffre d'affaires.

"Formule magique"

Comment expliquer cette première place des Champs-Elysées ? Pour le président du Comité des Champs-Elysées, Marc-Antoine Jamet, cela relève avant tout d’une "formule magique" : avec d'un côté "un obélisque donné par un pharaon égyptien et de l’autre côté un Arc de triomphe fait par un empereur napoléonien". "Mais l’héritage et le patrimoine ne suffisent pas, ajoute-t-il. Il faut aussi de l’innovation et de la qualité. Sur les Champs-Elysées, il y a de la gastronomie, des hôtels, de la technologie, du sport, des musées, du théâtre, du cinéma… cela n’existe nulle part ailleurs en Europe".

M. Jamet insiste sur le fait que beaucoup a été fait ces derniers mois pour redonner un dynamisme à l’avenue. "Christo, la séance de cinéma en plein air, la Fédération de tennis qui a inauguré Roland Garros, des spectacles… beaucoup de choses qui ont été faites ont ravivé les Champs-Élysées". Il ajoute que "tous les commerçants s’y sont mis pour que propreté, sécurité et accueil soient au rendez-vous".

"Image de marque"

Cette fréquentation piétonne participe de l’image de marque des Champs-Elysées et de la stabilité des prix de l’immobilier – qui avaient plongé de 20% en 2019.

"Le flux des piétons étant lié au chiffre d’affaires et à l’attractivité et à l’image de marque, ce sont des critères absolument déterminants dans le calcul de la valeur locative des commerces", explique Christian Dubois, directeur du département commerces de Cushman & Wakefield. "Ceci conjugué à l’arrivée des Jeux olympiques à Paris en juillet 2024 correspond à une grande dynamique des enseignes qui viennent à nouveau re-signer".

En ce qui concerne les touristes étrangers, beaucoup sont de retour sur les Champs-Elysées. Seuls les Chinois manquent à l’appel.