La hausse du prix de l'essence pèse sur les indépendants

Avec des prix à la pompe qui atteignent les 2 euros le litre pour l'essence, de nombreux professionnels sont obligés de travailler plus pour compenser ce surcoût.

Pour les automobilistes, le passage obligé à la pompe redevient de plus en plus désagréable. Les prix tutoient les 2 euros dans les stations franciliennes, voire dépassent allégrement cette barre symbolique dans celles parisiennes.

Pour les professionnels, ce coût affecte durement leur activité. "Cela a un impact énorme. La hausse est vertigineuse. Les chauffeurs de VTC sont obligés de travailler plus pour compenser", indique Karim Daoud, président de l'Association des VTC de France (AVF).

Selon lui, si la hausse est vécue différemment selon les chauffeurs et du véhicule qu'ils conduisent, cela représente un surcoût de plusieurs centaines d'euros pour ces professionnels.

Les VTC pas soumis au même régime que les taxis

Existe-t-il des bons plans connus des chauffeurs ? Pas vraiment selon Karim Daoud : "Parfois on va dans les stations de supermarchés, qui sont un peu moins chères. Mais on fait plus de queue, et le temps, c'est aussi de l'argent."

Cette hausse est d'autant plus mal vécue par les chauffeurs VTC qu'ils n'ont pas le même régime fiscal que les chauffeurs de taxi. Ces derniers bénéficient sous certaines conditions, du remboursement partiel de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).

"Cela fait des années que l'on demande le remboursement de la TIPCE, mais le pouvoir ne veut rien savoir. On ne comprend pas cette distorsion de concurrence avec les taxis", poursuit Karim Daoud.

Malaise chez les infirmiers libéraux

Autre profession particulièrement concernée : les infirmiers libéraux. "On fait entre 35 et 40 visites par jour. Sans voiture, on ne peut pas travailler. On subit de plein fouet les augmentations", raconte Christophe Minghetti, infirmier libéral et président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI 92).

Les professions libérales conventionnées reçoivent bien une aide, mais elle reste anecdotique. "Le coût du déplacement est passé récemment de 2,50 euros à 2,75 euros, quelle que soit la distance. La CNAM avait aussi octroyé une aide de 4 centimes par kilomètre entre septembre et décembre 2023, mais elle a été supprimée", ajoute-t-il.

Christophe Minghetti doit désormais dépenser environ 300 euros par mois, rien qu'en essence. "Cela crée un énorme malaise dans la profession. Les tarifs conventionnels sont bloqués depuis 2009. On va chez les gens pour à peu près 8 euros brut. C'est vraiment travailler plus pour gagner pareil", regrette l'infirmier libéral.

Avec les tensions au Moyen-Orient, le prix du brut ne devrait pas baisser dans les prochaines semaines. L'Iran figurait ainsi parmi les 10 premiers pays producteurs de brut en 2023 selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). Le pays possède les troisièmes plus grandes réserves prouvées de pétrole du monde, derrière le Venezuela et l'Arabie saoudite.