Le chantier de peinture de la Tour Eiffel suspendu en raison de traces de plomb

Depuis début février, la 20e campagne de peinture de la Tour Eiffel est suspendue. Des traces de plomb ont été relevées en décapant des couches de peinture précédentes.

Des techniciens sur le chantier de peinture de la Tour Eiffel début février.
Des techniciens sur le chantier de peinture de la Tour Eiffel début février. © MARTIN BUREAU / AFP

Cette campagne visait à redonner son éclat original à la Tour Eiffel avec une couleur "jaune-brun" voulue par Gustave Eiffel en 1907 dans l'optique des Jeux Olympiques de 2024. Mais le chantier a pris une tournure inattendue avec une présence de traces de plomb mesurées "en surface, dans l'enceinte du monument", a indiqué vendredi la société d'exploitation du monument (Sete). Il a été suspendu début février.

"Malgré toutes les précautions prises dès la conception du chantier (protections collectives et individuelles, procédures renforcées de séparation des espaces, mesures permanentes), la Sete a constaté le 3 février une récurrence de prélèvements indiquant une augmentation des taux de plomb présents en surface, dans l'enceinte du monument, et a ordonné, à titre de précaution, aux entreprises en charge des travaux de suspendre le chantier de peinture", a indiqué la Sete à l'issue de son conseil d'administration.

Le plomb dans les couches inférieures

Pour la 20e campagne de peinture de la célèbre dame de fer, il a été choisi de retirer les couches de peinture détériorées de près de 30% de la surface de l'édifice, là où les campagnes précédentes n'en prévoyaient que 5%, afin "d'améliorer l'adhérence de la peinture sur la structure". C'est ce décapage qui a fait ressortir la présence de plomb présent dans les couches précédentes.

Débutée en 2019 pour une fin initialement programmée en novembre 2022, l'opération était chiffrée à l'origine à 50 millions d'euros. Mais la suspension des travaux aura un impact sur leur durée et leur coût, prévient l'exploitant sans pouvoir encore les quantifier.

Plus de contrôles

Actuellement en train de "réétudier le mode opératoire, les mécanismes de protection individuelle et collective, les techniques d'entretien et de peinture", l'exploitant n'a pas encore fixé de calendrier de reprise des travaux.

La Sete a augmenté le nombre de points de contrôle - 70 au lieu de 50 auparavant - ainsi que leur fréquence, désormais hebdomadaire. Suivant l'exemple de Notre-Dame, elle a demandé que "les résultats de ses prélèvements aux abords du monument soient publiés en open data sur le site de l'Agence régionale de santé (ARS)".

En raison de la crise sanitaire, la Sete a par ailleurs annoncé un déficit de 52 millions d'euros au titre de l'année 2020. Fermée lors des deux confinements, de mi-mars à fin juin puis à partir de fin octobre, la Tour Eiffel, inaugurée il y a 132 ans, n'a été accessible que la moitié de l'année. Le site, qui compte environ 340 salariés, a recours à l'activité partielle.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
tour eiffel culture patrimoine