Ligue des champions : comment le PSG peut-il se préparer mentalement avant Dortmund ?

Neymar, après le but de l’égalisation face à Dortmund, lors du match aller. / © SASCHA SCHÜRMANN / AFP
Neymar, après le but de l’égalisation face à Dortmund, lors du match aller. / © SASCHA SCHÜRMANN / AFP

Après la défaite du PSG contre Dortmund au match aller, le spectre d’une "malédiction" du club parisien en Ligue des champions plane une nouvelle fois dès les 8e de finale. Alors comment se préparer face à la pression et aux doutes ? On a posé la question à un coach mental.

Par PDB / France 3 PIDF

Il connaît très bien le PSG. Passé par le club parisien au fil de sa carrière de joueur mais surtout au cours de sa carrière d’entraîneur (en tant qu’adjoint d’Artur Jorge, entre autres), Denis Troch officie depuis 2009 en tant que coach mental auprès de nombreux sportifs, à la tête de son groupe H-Cort Performance.
Alors que les hommes de Thomas Tuchel préparent leur match retour face à Dortmund après leur défaite 2-1 à l’aller, en 8e de finale aller de la Ligue des champions, dans quel état d’esprit les joueurs peuvent-ils aborder le défi qui les attend ? D’après Denis Troch, il faut balayer l’idée d’un « traumatisme » après les déceptions des dernières saisons.

France 3 Paris IDF : Comment les joueurs peuvent-ils réagir face à l’idée d’une « malédiction » en Ligue des champions, rappelée notamment en permanence par les détracteurs du club ?

Denis Troch : Il n’y a pas de malédiction. La victoire, le plaisir, la réussite, le bonheur n’appartiennent pas qu’aux autres. Supporters, dirigeants, journalistes, partenaires… Quand on écoute l’environnement proche, il est parfois néfaste. Cette pression peut être légitime, avec à la fois l’envie de réussir et la peur d’être montré du doigt si encore une fois le club ne passe pas les 8e.

Mais il ne faut pas perdre de temps et d’énergie à essayer de convaincre les contestataires qu’ils ont tort. En France, on a cette fâcheuse tendance, et finalement ça n’avance pas, le système bugge.

Tout le monde parle de la remontada du Barça face à Paris : à Barcelone, tout le monde s’est mis à croire au même message, à la qualification. A partir de là, tout le monde avait la même dynamique, sans se poser aucune question. Pour réussir, il est nécessaire que tout le système aille dans le même sens et que chacun se sente concerné. Surtout quand tu n’as jamais gagné la compétition visée.

Alors quel message faire passer auprès de l’équipe avant le match retour ? Les joueurs parisiens doivent-ils se boucher les oreilles ?

J’imagine que l’ensemble du club travaille dans ce sens depuis le début de l’année, mais il faut donner du sens à la saison, tendre vers le titre : la finalité, c’est la Champions League. Mais il ne faut pas pour autant se le rappeler systématiquement. Il ne faut pas non plus être dans une bulle complètement fermée, il faut savoir ce qu’il se dit à l’extérieur.

En fait, il faut garder en tête que les 8e de finale sont plus une étape, un passage, qu’un objectif en soi : ce sont des épreuves à passer avec le moins d’encombre possible. Si l’équipe du PSG commence dès maintenant à se focaliser sur chaque étape, il y a beaucoup trop de dispersion et d’énergie perdue. Il reste encore six matchs après pour être champion.

Comment éviter d’avoir la peur au ventre et balayer les doutes ?

Le doute est légitime, mais dès le moment où tu te retrouves sur la pelouse et que le coup de sifflet est donné, il faut faire abstraction de tout ça. Sinon, ce sentiment de peur gangrène tout le monde. Les joueurs doivent être suffisamment forts avec leur expérience.

Il faut qu’ils reviennent sur des situations vécues, pour s’en servir. Ils savent gagner un match, marquer des buts, gagner à l’extérieur, ils ont battu de grandes équipes ces dernières années… La seule problématique, c’est de faire un focus sur le moment présent, alors qu’il y a un titre à aller chercher. Ces joueurs sont capables de faire des choses magnifiques, à partir du moment où ils sont en confiance et où ils vont aller chercher cette intuition, cette créativité qui fait que le PSG est le PSG.

C’est ça la puissance des grands, capables de sortir à n’importe quel moment une action hors norme, de renverser une situation. Il faut associer le mental au physique, à la stratégie, aux échanges… Il faut tirer la quintessence de son potentiel, c’est le plus important pour ne pas avoir de regret.
 

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