Malgré l’appel d’Emmanuel Macron, Cédric Villani maintient sa candidature à la mairie de Paris

Alors que le président de la République l’a reçu dimanche à l’Elysée, lui demandant de se "rapprocher" de Benjamin Griveaux, Cédric Villani a confirmé dans la foulée qu’il maintenait "sa candidature indépendante".

Cédric Villani, lors de l’annonce de sa candidature en septembre 2019.
Cédric Villani, lors de l’annonce de sa candidature en septembre 2019. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
"La conversation" a beau avoir été "agréable", si l’on en croit le communiqué de Cédric Villani, elle n’aura pas poussé le candidat à changer de décision. Après un entretien de près d'une heure dans l'après-midi à l'Élysée, le député de l’Essonne a opposé dimanche soir une fin de non-recevoir au président de la République. L'entourage d'Emmanuel Macron avait pourtant indiqué que le chef de l’Etat avait demandé au mathématicien "de se rapprocher de Benjamin Griveaux dans un esprit d'unité et de rassemblement afin de faire converger les projets". Cédric Villani a répondu moins de trente minutes plus tard, évoquant "une divergence majeure" avec le président de la République. "Entre l'appartenance à un appareil politique et l'engagement pour la ville qui m'a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens en maintenant ma candidature librement", a répété le député devant les grilles du palais présidentiel.

"Le choix de la rupture avec le président de la République"

Du côté de son adversaire, Marie-Laure Harel, une porte-parole de Benjamin Griveaux, a déploré "la division et la dissidence", en interrogeant : "Quel est son projet au final, perdre lui-même et faire perdre sa famille politique ?". Le parti présidentiel reste en effet en difficulté dans les sondages, à sept semaines du premier tour des municipales : d’après une étude Odoxa-CGI pour Le Figaro parue dimanche, Benjamin Griveaux recueille 16 % des intentions de vote au premier tour, et Cédric Villani 10 %, loin derrière Anne Hidalgo (23 %) et Rachida Dati (20 %). Cédric Villani, qui a ajouté à son agenda une réunion publique lundi soir au moment même où son rival tiendra son deuxième meeting, est-il désormais condamné à être exclu de LREM ? Le candidat dissident "a fait le choix de la rupture avec le président de la République, il sort enfin de l'ambiguïté, affirme un proche du candidat Griveaux. Maintenant les choses sont très claires, on va enfin pouvoir parler de Paris et des Parisiens, c'est tant mieux."

"Il va falloir rompre avec la politique anti-climat et anti-sociale permanente du gouvernement"

Dimanche soir, le mathématicien a en tout cas mis en avant la proposition du candidat écologiste David Belliard de former à Paris une "coalition climat" - même si pour l'heure, il n'y a pas répondu et renvoie son interlocuteur au soir du premier tour, le 15 mars. "On ne peut être que content que Cédric Villani préfère la coalition climat plutôt que de répondre aux ordres de Macron, réagit ainsi Anne Souyris, porte-parole de David Belliard. Maintenant, il va falloir passer à la deuxième étape et rompre avec la politique anti-climat et anti-sociale permanente du gouvernement." Si Emmanuel Macron peut sembler politiquement affaibli face au refus de Cédric Villani, ce dernier a toutefois pris un risque en s'attaquant frontalement au chef de l'État. "Son expression était terriblement maladroite, parce qu'il se coupe de toute une partie de marcheurs et d'élus, qui sont légitimistes, estime un élu LREM, alors que le médaillé Fields était jusqu'alors "porteur pour beaucoup de députés de valeurs qui sont celles du mouvement depuis l'origine", selon une députée, et qu'il jouissait "de soutiens et d'amitiés au sein du groupe beaucoup plus forts que ceux de Benjamin Griveaux". "La séquence ne fait que des perdants" du côté du parti présidentiel, juge encore un marcheur de la première heure.
 
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