"On veut juste qu'on nous laisse travailler comme avant" : l'inquiétude des grévistes de PEI

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Les salariés de PEI (Propreté Environnement Industriel) chargés du nettoyage de différents sites de Renault en Île-de-France sont en grève depuis le 3 mai. Ils dénoncent des suppressions d’heures.

"On veut juste ne pas perdre des heures, qu’on nous laisse travailler comme avant." Comme une soixantaine d'autres grévistes de PEI (Propreté Environnement Industriel), cette salariée, qui a souhaité rester anonyme, travaille depuis 12 ans au sein de l'entreprise de sous-traitance chargée du nettoyage des sites tertiaires du constructeur automobile.

En grève depuis début mai, elle sait qu’avec un salaire de 1500 euros, la fin de mois sera dure. "Renault souhaite que nous travaillions moins, notamment le vendredi et peut être même le lundi, comment allons nous faire ?", s'interroge-t-elle. Mais elle l'affirme, sur le piquet de grève installé à l'entrée du Technocentre : "On est déterminé".

Diminution de l'activité

Plusieurs dizaines d'employés qui travaillent notamment au Technocentre à Guyancourt risquent de voir leur activité diminuer. "Les dirigeants de PEI ont annoncé que Renault veut réduire à partir du 20 mai le nombre d’heures de nettoyage sur le Technocentre de 3 942 heures par mois. Le contrat entre Renault et PEI est aujourd’hui de 14 285 heures de travail par mois. Cela représente donc une baisse de 27,6% du volume actuel d’heures de travail", indique un communiqué de Sud Renault. 

"Renault a imposé un palier de 75%, soit 25% d’effectifs en moins sur les différents sites tertiaires de Renault à Lardy, Boulogne-Billancourt, au Plessis-Robinson, à l'Atelier Renault à Paris et au technocentre de Guyancourt. Ils ont moins de besoins à cause du télétravail. Pourtant la surface à nettoyer rester la même", dénonce Najib Mouchtahi, délégué syndical central FO chez PEI. "Renault veut faire des économies et ils commencent part les prestataires", ajoute-il.

"Au Technocentre de Guyancourt, 30 postes pourraient être perdus", craint le délégué syndical. Une crainte exacerbée car Renault veut vendre une partie de ses locaux sur ce site des Yvelines. Il demande à ce que le futur bailleur s’engage sur le même contrat avec PEI. Au total, selon le syndicat SUD, entre 60 et 80 postes de salariés seraient menacés.

Pour les syndicats, "Renault et PEI se renvoient la balle"

La semaine dernière, une assemblée générale a voté la poursuite de la grève malgré des négociations entamées entre les dirigeants de PEI et une délégation de grévistes. "Renault dit que ce n'est pas à elle de gérer la baisse de personnel et PEI dit qu’il n’a pas d’argent pour maintenir les salaires et financer un plan de départs volontaires", affirme Christian Morel, délégué Sud Renault, qui soutient le mouvement des prestataires. Il souligne "le mépris social pour les femmes et les hommes de ménage".

Aujourd'hui, les grévistes demandent qu'il n'y ait ni licenciement ni mutation imposée, et souhaitent la mise en place d'un plan de départs volontaires pour les plus anciens, proches de la retraite.

Contactée, la direction de PEI n'a pour l'instant pas donné suite à notre demande d'interview.