Tuerie à la préfecture de police : Christophe Castaner reconnaît des « failles », l'épouse de l'assaillant libérée

Des policiers postés devant la préfecture de police de Paris, après la tuerie du jeudi 3 octobre. / © BERTRAND GUAY / AFP
Des policiers postés devant la préfecture de police de Paris, après la tuerie du jeudi 3 octobre. / © BERTRAND GUAY / AFP

Après trois jours de garde à vue, la femme de l’assaillant a été libérée dimanche. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a de son côté reconnu des « failles » dans le suivi du fonctionnaire, qui avait montré des signes de « radicalisation » dès 2015.

Par France 3 Paris IDF / AFP

Elle avait été arrêtée jeudi, après l'attaque meurtrière perpétrée par son mari à la préfecture de police. L’épouse de l’assaillant a été relâchée dimanche dans la soirée, sans être poursuivie à ce stade. Cette femme, âgée de 38 ans, avait échangé 33 SMS avec l’homme le matin des faits et s'était inquiétée de son « comportement inhabituel et agité » la veille.
D’après les premiers éléments de l'enquête, l’informaticien de 45 ans, qui a poignardé à mort quatre fonctionnaires avant d'être abattu, se serait rapproché de l'islam radical et fréquenté des personnes liées aux milieux salafistes. Et ce, alors même qu'il était employé dans la Direction du service de renseignement de la préfecture (DRPP), en charge justement de détecter la radicalisation.

« Évidemment, il y a eu des failles »

Sous le feu des critiques, Christophe Castaner a reconnu des « failles » dimanche sur TF1. Le ministre de l'Intérieur a estimé que le principal « dysfonctionnement » remontait à juillet 2015 : l’assaillant, converti à l'islam depuis une dizaine d'années, avait justifié l'attentat de Charlie Hebdo devant des collègues. D’après le ministre, un policier en charge de la radicalisation avait alors rencontré certains de ses collègues, ces derniers décidant de ne pas faire remonter de signalement administratif.
Selon un rapport interne de la patronne de la DRPP daté de samedi et révélé par France Inter, l’informaticien aurait à l’époque déclaré « C'est bien fait » vis-à-vis de l’attentat. Toujours d’après ce document adressé à Christophe Castaner, aucune autre alerte significative n’avait ceci dit suivi.

Christophe Castaner attendu mardi devant la délégation parlementaire au renseignement

Les agents chargés des signalements de la radicalisation auraient par la suite régulièrement pris des nouvelles du comportement de l'informaticien auprès de ses collègues et de son chef, selon qui  il n'y avait « aucun souci » avec lui. Selon le rapport, deux fonctionnaires ont affirmé d'ailleurs n'avoir à leur niveau, rien « détecté de suspect » dans son attitude.
De son côté, Christophe Castaner – critiqué pour avoir déclaré après la tuerie que l’assaillant « n'avait jamais présenté de difficultés comportementales » ni « le moindre signe d'alerte » – a rejeté les appels à sa démission lancés notamment à droite et à l'extrême-droite :

Je suis affirmatif dans le fait qu'aucun signe n'était apparu dans le dossier administratif de l'individu qui laisse penser qu'il puisse être radicalisé. Je vous le redis et je le dis hélas car si un signe était apparu, peut-être aurions-nous pu éviter cela.

Le ministre devra s'expliquer mardi à huis clos devant la délégation parlementaire au renseignement.
 

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