Pollution de l’air dans le métro : l'association Respire porte plainte contre la RATP

"La RATP s’abstient délibérément d’alerter les usagers de son réseau sur les risques qu’ils encourent", affirme Respire, qui annonce le dépôt d’une plainte pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires".

Le métro parisien, le 30 avril 2020 (illustration).
Le métro parisien, le 30 avril 2020 (illustration). © PHILIPPE LOPEZ / AFP

"Tromperie aggravée" et "blessures involontaires". L’association nationale pour la prévention et l'amélioration de la qualité de l'air (Respire) annonce ce mardi le dépôt d’une plainte contre la RATP. Respire rappelle avoir réalisé de nombreuses mesures, pointant du doigt des niveaux de pollution de l’air "bien plus élevés" dans le réseau souterrain du groupe qu’en extérieur.

"Ces constations sont cohérentes avec les mesures de la RATP - aussi insuffisantes qu’elles soient à notre avis, explique l’association dans un communiqué. A titre d’exemple, dans la station Châtelet, les valeurs mesurées par la RATP elle-même dépassent presque tous les jours 50 µg/m3 pour les PM10, soit la valeur d'un pic de pollution en extérieur. Elles ont pu atteindre 109 µg/m3 le 25 novembre 2020, et 480 µg/m3 le 7 janvier 2016."

La RATP entretien une forme d’omerta sur la pollution de l’air dans le métro

Olivier Blond, directeur de Respire

D’après Respire, "l’ensemble des usagers des transports en commun parisiens sont exposés à des risques sanitaires considérables" alors même que la RATP s’abstient "délibérément" de les alerter "sur les risques qu’ils encourent". L’association affirme que le groupe est tenu, à l’égard de ses usagers, "d’une obligation générale d’information, mais également d’une obligation de sécurité de résultat, laquelle incombe à tout transporteur de voyageurs".

"Or, la RATP se veut extrêmement rassurante à l’égard de ses usagers ; elle donne ainsi à ses usagers une présentation erronée du service qu’elle leur fournit", poursuit le communiqué, selon qui "la RATP passe sous silence les conséquences sanitaires auxquelles ces clients sont exposés". Olivier Blond, directeur de Respire, dénonce "une forme d’omerta sur la pollution de l’air dans le métro" entretenue par la RATP. "Elle prétend qu’il n’y a pas de problème, affirme-t-il. Mais il faut dire la vérité aux gens. Le déni de la RATP est une composante essentielle du problème."

Des accusations contestées par la RATP

Fin janvier, Respire avait publié une étude mesurant la pollution dans le métro et le RER, et dénonçait déjà des "chiffres trompeurs" de la part de la RATP ainsi que des capteurs "mal entretenus et peu performants". "Le système de mesure de la RATP donne une idée faussée de la situation", expliquait alors Olivier Blond à France 3 Paris IDF.

Face à l’étude, la RATP avait démenti les accusations. "Nous, on utilise des capteurs de référence, entretenus régulièrement, affirmait notamment le groupe. Les outils portatifs utilisés par l’association Respire ne permettent pas de donner des mesures comparables avec nos analyses."

La PDG de la RATP Catherine Guillouard avait par ailleurs expliqué "investir très largement dans la ventilation" : "Nous avions, dans le contrat précédent qui nous liait à IDF Mobilités, plus de 50 millions d’euros investis sur la ventilation dans la ventilation. Nous avons encore 50 millions dans le contrat qui vient pour régénérer et améliorer la ventilation du métro." La dirigeante avait entre autres mis en avant "un programme sur la captation des particules au freinage".

Suite à l’annonce de la plainte de la part de Respire, la RATP a d’ailleurs de nouveau contesté les accusations portées par l’association, assurant que "la qualité de l’air du réseau souterrain fait l’objet d’un suivi très scrupuleux et tout à fait transparent".

Suite à l’étude de Respire fin janvier, la Région Île-de-France avait par ailleurs annoncé avoir missionné Airparif pour la réalisation d'une "étude indépendante".

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